Dimanche , 16 décembre 2018
L'Édito

Une Afrique sans fumée de cigarette est-elle possible ?

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À défaut d’interdire le tabac dont la production assure des entrées de devises à nombre de pays, qu’est-ce qui peut être fait pour atténuer ses effets néfastes sur la santé ? L’OMS [organisation mondiale de la santé] affirme que 6 millions de personnes meurent chaque année d’un produit du tabac : la cigarette.

Conscients de leur rôle de « véhicules » d’informations auprès des populations, des hommes de médias se sont mis à l’avant-garde des problématiques du tabagisme. Mais leur volonté de mieux rendre compte sur la question est handicapée par le manque de connaissances sur le tabac, ses produits et leurs liens avec des maladies.

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Johannesburg, en Afrique du Sud, le 14 octobre. Sous la houlette d’Intregra Africa – une agence de stratégie marketing & médias – des journalistes francophones et anglophones ont planché sur la thématique du tabac. « Réduction de la nocivité du tabac : passerelle vers une Afrique sans fumée ? ». C’est autour de cette question que se sont déroulés les échanges. Un thème qui est au croissement d’impératifs de santé et d’enjeux financiers. Professionnels de la santé et industriels du secteur du tabac ont éclairé un tant soit peu la lanterne des journalistes.

E-cigarettes : des « passerelles » vers une Afrique sans fumée

Hier, le fumeur n’avait pas le choix. Il devait allumer sa cigarette puis inhaler les substances toxiques qui se libèrent pendant la combustion. Aujourd’hui, des alternatives existent. Des produits du tabac jugés moins dangereux sont disponibles : les e-cigarettes ou cigarettes électroniques. Ou encore le vapotage. Leur dénominateur commun : pas de fumée nuisible qui en sort. À ceux qui restent sceptiques quant au caractère moins nocif de ces nouveaux produits, Hugo Marcelo Nico a tranché : « traiter tous les produits de la même manière n’aidera pas. Ce que nous devons faire, c’est donner une information correcte aux fumeurs » afin qu’ils opèrent un choix. C’est ici le rôle du journaliste : diffuser cette « information correcte » sans prendre parti entre pro et activistes antitabac.

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Et le directeur général du cigarettier Philip Morris en Afrique du Sud d’ajouter : « nous devons être en mesure de différencier les produits combustibles et non combustibles, car il y a une différence ». La firme américaine est avancée dans la fabrication et la promotion de substituts à la cigarette classique. Sa marque phare, l’iQOS, est utilisée dans environ 40 pays à travers le monde. Sur le continent, elle est commercialisée en Afrique du Sud et dans les pays du Maghreb.

Prudence !

Avec ces nouveaux produits, plus question de diaboliser le tabagisme, « une réalité avec laquelle le monde devrait vivre », a estimé Gregory Conley (président de l’Association américaine de vapotage). Qui conseille que les organismes de santé publique aident plutôt les fumeurs à trouver des alternatives sûres. D’autant plus que « ceux qui fument le font parce qu’ils aiment cela ». Mais prudence ! Pour Kgosi Letlape, président du Conseil des professions de santé d’Afrique du Sud, il est important de trouver un équilibre entre l’argument des fabricants de produits du tabac et les préoccupations de santé publique. « Si nous produisons de nouveaux produits, nous produisons aussi de nouveaux emplois. Mais l’Afrique a besoin d’une réglementation. Sinon elle deviendra la poubelle de tous les combustibles », a affirmé sur un ton rieur le médecin sud-africain.

OSSÈNE OUATTARA, envoyé spécial à Johannesburg.

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