Dimanche , 19 novembre 2017
L'Édito

Très gravement brûlée, dame Abo Pauline abandonnée par le gouvernement

La voiture du couple Abo littéralement écrasée par le camion-benne, le jeudi 5 octobre

La voiture du couple littéralement écrasée par le camion-benne, le jeudi 5 octobre 2017

Il était peu avant midi, ce jeudi 5 octobre 2017, quand le drame s’est produit au « carrefour la vie », à Abidjan. Un des camions-bennes de l’entreprise qui effectue les travaux d’agrandissement du boulevard Latrille a renversé accidentellement son chargement de bitume de très haute température sur le véhicule d’Abo Kouakou René. À bord, se trouvait aussi son épouse Pauline. L’ancien député de Tanda (1990-1995) est décédé sur le coup. Sa femme, gravement blessée, est admise en urgence au centre des grands brûlés, à Cocody. L’information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Créant un élan populaire de solidarité verbale envers l’ancienne institutrice. Et nombreux trouvant absurde que le gouvernement permette des travaux de voirie en plein jour, quand les rues grouillent de monde. Au lieu de la nuit.

Toute aussi incompréhensible le manque de solidarité gouvernementale, 2 semaines après la tragédie. Aucun officiel du ministère de la Solidarité, de la Santé ni des Infrastructures économiques – ministère dont répond l’AGEROUTE qui assure la maîtrise d’ouvrage – au chevet de dame Abo. Née Abenan Pauline. La femme n’a pas reçu d’appui du gouvernement pour l’aider à guérir de ses blessures, qui couvrent 40% de son corps. La société coréenne qui exécute les travaux de redressement du boulevard s’est dédouanée de sa responsabilité dans la survenue du drame. Rejetant la faute sur une autre entreprise. Malgré nos efforts, nous n’avons pu entrer avec ce prestataire de service dont il a été rapporté que le siège social se trouve à Yopougon.

Le couple Abo

Le couple Abo

La présidente du Groupement des femmes de Sapli (GFS), dans le département de Bondoukou, a été sauvée de justesse. Mais pas tirée d’affaire. Son état reste critique, avec le risque permanent d’infection de ses plaies. Les frais d’hospitalisation, qui avoisinent les 300.000 francs CFA par jour, sont à la charge de ses enfants. Pour combien de temps encore ces derniers arriveront à supporter le coût de traitement sans une aide de l’État, au compte de qui manœuvrait le camion responsable des dégâts corporels de leur mère ? Sans compter cette autre réalité : les dettes liées à la conservation mortuaire et au transport de la dépouille d’Abo René dans son village sont aussi abandonnées à leur charge. On a déjà vu, pour des cas de gravité moindre, la réaction prompte du gouvernement. Du 1 poids 2 mesures ?

À ce jour, seuls le ministre Kobenan Kouassi, Kouman Moïse (ex-maire de Tanda), Kossonou Ignace (président du Conseil régional de Gontougo)…ont réagi financièrement à l’égard de la femme. C’est dans un cadre familial.

Madame Abo Pauline dans le potager hydro-agricole des femmes de Sapli

Madame Abo Pauline dans le potager hydro-agricole des femmes de Sapli

À noter que la conseillère régionale est à la tête d’un grand projet hydro-agricole pour l’autonomie financière des femmes de Sapli, son village. Elles n’attendent que sa guérison pour continuer l’œuvre d’émancipation collective.

OSSÈNE OUATTARA

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