Mardi , 13 novembre 2018
L'Édito

TABAGNE (BONDOUKOU) : « L’Adayé Kessiè est un véritable facteur du vivre-ensemble », concède le vice-président Duncan

Nanan Adingra Kouassi Adjemane, roi des Bron, en parade porté dans son palanquin

Nanan Adingra Kouassi Adjemane, roi des Bron, en parade porté dans son palanquin

Samedi 3 novembre, les lampions se sont éteints sur l’édition 2018 de l’Adayé Kessiè – fête du roi – avec la grande parade des têtes couronnées du royaume bron. Fête à laquelle a assisté le vice-président de la République. Daniel Kablan Duncan était accompagné par plusieurs ministres, dont celui de l’Intérieur. Sidiki Diakité était porteur d’un message du Premier ministre Gon Coulibaly.

Le commissariat général du festival culturel a fait la part belle à l’alliance des Bron avec 37 autres peuples de la Côte d’Ivoire. Les représentants de ces derniers ont fait le déplacement à Tabagne, village princier du royaume bron.

La parade a été très colorée. Dans un ordre protocolaire, l’entité territoriale traditionnelle a présenté son riche folklore incarné par le roi, ses chefs de provinces, et ceux des cantons. C’est la province Pinango qui a ouvert la procession. Le passage de son chef était plutôt discret. Adou Bibi II n’a pas été porté en triomphe comme ses 4 autres collègues du Foumassa, de l’Angobia, de l’Ahinifié et de l’Akidom. La raison : décès à Yomian (dans le département de Transua) d’un haut dignitaire du royaume. À l’échelle étatique, on dirait que le « drapeau est en berne ».

Koffi Mouroufié, chef du canton Gouano, porte-parole du roi

Koffi Mouroufié, chef du canton Gouano, porte-parole du roi

Les chefs de la dizaine de cantons que compte le royaume ont eu droit aux mêmes égards que le roi Nanan Adingra Kouassi Adjemane. Idem pour les dirigeants des 5 provinces. Chacun a été porté par ses sujets dans un palanquin. À l’exception du premier responsable du Pinango. Les processions étaient exécutées suivant les expressions tambourinées du Bentô et du Kété. Les 2 sonorités sont liées au pouvoir royal chez les Bron. La gestuelle n’est pas fortuite. Chaque mouvement exprime quelque chose. Tout est signe et correspondance. Peu de place aux improvisations.

Pour le vice-président, l’Adayé Kessié est vecteur de la cohésion sociale

Pour le vice-président, l’Adayé Kessiè est vecteur de cohésion sociale

C’est la 3ème édition d’une résurrection. Les célébrations de l’Adayé Kessiè avaient été mises sous l’éteignoir pendant plus de 3 décennies. En voyant ces valeurs anciennes renaître, le vice-président a fait écho les propos du philosophe Alexis de Tocqueville : « Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ». Une manière de prôner le nécessaire éclairage du présent par l’histoire. Le peuple bron l’a compris à travers le festival de l’Adayé. « Puisant aux sources profondes et séculaires du riche patrimoine bron, l’Adayé Kessié représente une part significative de l’héritage civilisationnelle et culturelle du peuple bron », s’est exclamé Daniel Kablan Duncan. Le caractère rassembleur du festival n’a pas échappé à la remarque du vice-chef de l’Exécutif. « Je voudrais surtout me féliciter de ce que par delà son aspect festif, l’Adayé Kessié soit un véritable facteur de consolidation de la paix, de la cohésion sociale. Et, en un mot, du vivre-ensemble », a-t-il souligné.

Le vice-président signant le livre d'or de l'Adayé Kessié 2018

Le vice-président signant le livre d’or de l’Adayé Kessié 2018

L’Adayé a lieu 12 jours après la fête de la nouvelle igname. Il est le premier des 9 conseils annuels au cours desquels le roi, ses chefs de provinces et les dirigeants des cantons se réunissent pour réfléchir sur la vie du royaume.

Rencontre entre le vice-président Kablan Duncan et les dignitaires du royaume bron avant les parades

Le vice-président Kablan Duncan et les dignitaires du royaume bron peu avant les parades

Invité à une des célébrations de l’Adayé Kessiè vers la fin des années 1970 par le défunt roi Nanan Koffi Yéboua, le président Houphouët-Boigny, accompagné de son homologue du Libéria, aurait été émerveillé par la truculence de la fête. Puis est arrivé un long temps de sommeil. De 1987 à 2015, aucune célébration populaire. Depuis 2016, Bini Daouda Ouattara et ses amis essaient de sauver le rendez-vous culturel de l’oubli.

OSSÈNE OUATTARA

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