Vendredi , 14 décembre 2018
L'Édito

REGIONALES DANS LE GONTOUGO : Adjoumani et Babacauh, qui sont ces messieurs qui veulent diriger notre région ?

A l’instar des populations des autres régions du pays, celles de Gontougo éliront, le dimanche 21 avril, l’homme qui présidera à leur destinée. Deux candidats s’affronteront dans les urnes : le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, et le professeur Babacauh Koffi Dongo. Qui sont ces 2 messieurs qui affirment avoir de grandes ambitions pour le Gontougo ?

Adjoumani et Babacauh, 2 candidats à l’assaut de la région de Gontougo

Adjoumani et Babacauh, 2 candidats à l’assaut de la région de Gontougo

Kobenan Kouassi Adjoumani

Il est né à Amanvi, dans le département de Tanda, en 1963. Titulaire d’un baccalauréat série A2 obtenu au lycée moderne de Bondoukou, et d’une licence de Lettres modernes à l’université de Cocody, il entre à l’Ecole normale supérieure d’Abidjan (ENS), en 1989. Kouassi Adjoumani en sort avec un Certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire (CAPES). De 1989 à 1995, il enseigne le français au lycée Léboutou de Dabou.  Aux Législatives de 1995, l’homme est élu député de Tanda.  Il sera réélu de façon continue jusqu’à la législature en cours. En 2000, il prend la tête du Conseil général de Tanda.

Kobenan Kouassi Adjoumani entre au gouvernement en août 2002. Il prend en charge le département des Ressources animales. Ce, jusqu’en 2005, année où il s’embrouille avec le président Gbagbo. Il revient au gouvernement, en 2011, après la victoire d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle.

Pour beaucoup de gens, le ministre Adjoumani passe pour quelqu’un d’un peu comique. Dans ses gestes et sa façon de parler, notamment. C’est une habitude héritée de ses années de collège. « Il jouait du théâtre. Ce talent d’acteur lui a valu d’être logé à l’internat », se souviennent ses amis d’études.

Depuis 1995, l’homme a acquis une solide expérience politique. Mais sa première gestion d’une entité décentralisée est entachée de lourds soupçons de détournement. Un passif qui le défavoriserait ? Président du Conseil général de Tanda, monsieur Adjoumani a été accusé, en 2012, d’avoir détourné l’argent de la collectivité territoriale. C’est le journal Notre Voie qui avait révélé le scandale. Il portait sur plus de 2 milliards de francs. Suite à cette affaire, les détracteurs du député le présente comme « un bricoleur en gestion ». Vrai ou faux ? Difficile de trancher. Une chose est sure cependant : Kouassi Adjoumani n’a jamais été inquiété par la justice. Au contraire, il a gravi des marches. Son omniprésence médiatique a fait effet. Les présidents Alassane et Bédié se sont accordés sur sa personne pour porter les couleurs du RHDP aux Régionales, dans le Gontougo. Est-ce suffisant pour lui garantir la victoire, au soir du 21 avril ? « Pas du tout », répondent certains. Leur argument : « le chef de l’Etat est au-dessus des partis. Il n’a donc pas de candidat ». N’empêche. Monsieur le ministre exploite à son profit sa “casquette” de candidat du RHDP. Si bien que « je suis le candidat du président de la République » est devenu son principal argument de campagne.

Kobenan Kouassi Adjoumani est régulièrement cité comme généreux donateur. Il a la “main facile”. Il fait de nombreux dons en espèce pour soutenir des familles éplorées, raconte-t-on.

Babacauh Koffi Dongo

Ceux au fait de son vécu se poseront certainement cette question : qu’est-il venu faire en politique ? Interrogation à laquelle répond le concerné : « ma motivation vient de mes expériences auprès des présidents Houphouët-Boigny et Konan Bédié. Sous ces 2 hautes personnalités, j’ai exercé des fonctions qui m’ont mis en contact direct avec le développement. Partir sans avoir pris le soin de faire bénéficier ma région de mon petit savoir, c’est faillir à mon devoir ». Le doyen des cadres de la Tatawa (zone de montagnes) est enseignant-chercheur. Maître de conférences à l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (INPHB) de Yamoussoukro. Il est retraité depuis 2010.

Le professeur Babacauh est un boulimique de la connaissance. Juillet 1967, il sort de l’Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes (France) avec le diplôme d’ingénieur agronome. Suivi, 2 ans après, d’un diplôme en phytopathologie, du cycle de l’Office de la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM) à l’Université Paris-Sud (Orsay). Et du laboratoire ORSTOM de Brazzaville (Congo). Organisme aujourd’hui remplacé par l’Institut de recherche pour le développement (IRD). La même année, il obtient un Doctorat 3ème cycle.

En 1980, Koffi Dongo est titulaire d’un Doctorat d’Etat à l’Ecole nationale supérieure agronomique (ENSA) d’Abidjan et à l’Université Paris-Sud. Profitant de ses congés (année sabbatique) aux Etats-Unis d’Amérique en 1983, il décroche un diplôme en épidémiologie et pathologie végétale, à l’Université de l’Etat de Pennsylvanie.

Les fonctions occupées par l’enfant de Sapia, quasiment proportionnelles à la longueur du chemin universitaire. Enseignant à l’ENSA d’Abidjan, de 1972 à 1985. De 1998 à 2002, Babacauh professe à l’INPHB de Yamoussoukro. Chercheur parallèlement à ses fonctions d’enseignant. Les structures d’accueil : ORSTOM, International federation of clinical chemistry (IFCC), et l’ENSA. On doit au professeur la venue au monde du “florido”, variété d’igname bien connue.

L’ancien étudiant de l’ENSA a dirigé l’établissement de 1984 à 1985. Puis de 1988 à 1989. Doté d’un budget de 1.2 milliards de FCFA en 1985, l’enseignant-chercheur est chargé, en 1988, de transférer l’école agronomique à la capitale politique.

Il est nommé coordonnateur de l’Institut des forêts (IDEFOR), de 1993 à 1994. Deux missions à lui assignées : restructurer la recherche agronomique en relation avec l’Institut des savanes (IDESSA), et la mise en place des bases de la création du futur Centre national de recherche agronomique (CNRA).

Babacauh Koffi Dongo, un des acteurs de ce qui s’est fait de grand en agriculture. Avec des qualités de manager, il a été à la tête de grandes entreprises de développement agricole. De 1985 à 1992, directeur général de la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles (CIDT). Société disposant d’une ressource humaine estimée à 3 000 employés, 10 usines d’égrenage, et un chiffre d’affaire de 84 milliards de FCFA, en 1990.

De 1994 à 1997, il est Président du conseil d’administration (PCA) de Palmindustrie. Une société d’Etat employant près de 10 000 personnes. Les palmeraies industrielles couvrent une superficie de 140 000 ha. Chiffre d’affaire : 60 milliards de FCFA.

Entre 2004 et 2006, pas moins de 4 homologations de produits phytosanitaires (Mirage 450 SC, Baycor 500 SC, Siganex 600 SC,…) ont requis l’expertise du chercheur. Les rapports d’exécution ont été livrés à de grands groupes industriels, dont BAYER.

Entre 2001 et 2002, il a été consultant à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) au Tchad.

Membre du comité scientifique du Pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d’Afrique centrale (PRASAC). Structure regroupant le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique. Ainsi que des partenaires européens.

Babacauh Koffi est bardé de diplômes. Il a dirigé de grandes sociétés d’Etat. Mais cela suffit-il pour faire de lui un bon gestionnaire du futur Conseil régional ? Il n’est pas un dieu. Les défauts, il en a. Des gens le trouvent introverti, centré sur lui-même. « C’est les autres qui vont vers lui. Il n’appelle personne », se plaignent certains de ses amis. Le professeur aurait un côté trop “paternaliste”. Si bien qu’il a des problèmes pour garder auprès de lui ceux qui l’admirent. Est-ce pour cette raison que des cadres de la trempe de Soumaïla Brédoumi, Tah Thomas et Falley Timité l’ont abandonné au profit de son adversaire Adjoumani ? Hypothèse vraisemblable. Toutefois, les populations des zones d’exploitation du manganèse de Bondoukou le considèrent comme Don Quichotte, le “défenseur des opprimés”.

Alors que les autres cadres de la région ont fait un “black-out” sur les agissements de la société Taurian, en 2008, Babacauh s’est dressé contre l’entreprise indienne. Résultat, la Cour suprême lui a donné raison, en mars 2012. Taurian est sommée de rester dans les limites du périmètre défini par le décret présidentiel de septembre 2010, qui lui autorise d’exploiter les mines de manganèse.

Adjoumani et Babacauh, 2 hommes que tout oppose. Mais ayant tous 2 le même but : le développement de notre région. L’un est fin politicien et l’autre, technicien aguerri. Qui sera le vainqueur au soir du dimanche 21 avril 2013 ? Aux électeurs d’en décider.

Ossène Ouattara

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