Search
Jeudi 18 janvier 2018
  • :
  • :

NIAMOIN (BOUNA) : Le récit glaçant d’un gendarme sur 2 de ses collègues tués de sang-froid

Un gendarme lynché à mort à Niamoin, mardi 15 novembre 2016

Un gendarme lynché à mort à Niamoin, mardi 15 novembre 2016

Dans une lettre adressée à des organes de presse, un gendarme (qui a requis l’anonymat) donne plus de précisions sur les événements du mardi 15 novembre, à Niamoin (département de Doropo), dans lesquels 2 de ses collègues ont perdu la vie, tués de sang-froid par des manifestants en colère, après la mort de 2 motocyclistes à un barrage routier. Le gendarme se base sur les faits rapportés par un autre gendarme qui s’est rendu sur les lieux. Voici ce qu’il dit.

« Je vous prie de bien lire ce qui s’est réellement passé, monsieur le ministre, messieurs de la presse, et vous qui tergiversez encore sans aucun respect pour la vie. Voici ce qui s’est passé à Niamoin. Selon un collègue gendarme qui s’est rendu sur les lieux :

La Brigade de Gendarmerie de Bouna tient un poste à Doropo. Le mercredi 16/11/2016, aux environs de 9 heures, les gendarmes en service à ce poste sont saisis d’un cas d’accident corporel sur un axe menant dans le village de Niamoin. Compte rendu est fait au Commandant de Brigade qui demande au chef de poste de Doropo d’envoyer 2 éléments sur les lieux pour constat. Les MDL/chefs Ouattara Mamadou et Yao Maxime sont désignés pour la mission. Ils se rendent sur les lieux et procèdent aux constatations d’usage. Ils se rendent ensuite chez le chef du village de Niamoin pour auditionner le chauffeur impliqué dans l’accident. Ce dernier signifie aux gendarmes que 2 personnes blessées se trouvent à l’infirmerie pour des soins. Les 2 officiers de police judiciaire se rendent à ladite infirmerie pour auditionner les blessés.

En pleine enquête à l’infirmerie, un militaire des Forces républicaines (FRCI) y pénètre tout affolé, la main ensanglantée. Il dit aux gendarmes que des gens veulent le tuer sur l’axe Doropo-Tehini. En compagnie du chef de Niamoin, les gendarmes stoppent la 1ère enquête et se rendent à l’endroit où le soldat prétend être en danger de mort. Surprise : ils découvrent 2 corps sans vie ciblés de balles. Aussitôt, les gendarmes retournent à l’infirmerie et demandent à l’élément de les éclairer sur ces corps. Au moment où le militaire balbutiait pour se justifier, l’infirmerie est assiégée par des manifestants. Les gendarmes, qui ne se sentaient pas concernés par ces meurtres, vont essayer une médiation. Mais les événements vont s’accélérer. La foule scandant « corps habillé, c’est corps habillé. Il faut les tuer tous ! ». Armés de barres de fer, de machettes et de gourdins, les manifestants vont envahir l’infirmerie et ordonner au personnel soignant de leur livrer le militaire et les Officiers de police judiciaire (gendarmes).

Les meneurs cassent les portes de l’établissement sanitaire. Les gendarmes, sans armes ; je dis bien sans armes, sentant la menace de mort, sortent par la fenêtre de la pièce où ils se sont réfugiés et essaient de s’échapper. Peine perdue ! Ils sont rattrapés et traînés au sol l’un après l’autre. Ils sont ensuite assommés sur la tête à l’aide de bars de fer, et achevés définitivement par des coups de machettes et des pierres, tels des porcs. Comme si leur mort n’était pas assez, leurs poches ont été vidées par les assassins.

Telle a été la chronologie des événements. Il ne s’agit pas de racket comme tente de faire croire la presse nationale. Trop c’est trop ! Arrêtons la désinformation, messieurs les journalistes de la RTI ! Il ne s’agit nullement d’affrontement.

Nous venons de rencontrer le Commandant supérieur chargé de la gendarmerie territoriale. Il nous a demandé de renoncer à la vengeance. On ne se venge pas contre le peuple ! ».

ANGE KOUMAN

Source : africanewsquick.net



Contactez-nous par mail à redaction.infosduzanzan@gmail.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *