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Vendredi 19 janvier 2018
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Lettre ouverte au maire de Bondoukou : « excusez-moi de ma franchise ! »

Dapa Donacien, Consultant en passation de Marchés publics

Dapa Donacien, Consultant en passation de Marchés publics

Monsieur Koné Hiliassou, maire, président du Conseil municipal de Bondoukou, excusez-moi de ma franchise ! Mais ne pouvant pas le dire autrement (parce ce que non habitué à la langue de bois), acceptez que je vous dise que la ville est sale, très sale et d’une saleté insolente à provoquer la colère de tout visiteur qui connaissait l’ordre, la discipline et la propreté légendaire de Bondoukou !  Bondoukou est méconnaissable au fil des années de pratique municipale.

Je ne parle pas du non ramassage des ordures ménagères, faiblesse commune à toutes les villes de Côte d’ivoire. Je parle de l’anarchie et du désordre indescriptibles envahissant et défigurant les belles rues d’antan, du temps de Fétigué Coulibaly, le meilleur maire de tous les temps.

Par pitié pour votre prédécesseur, Félix Kouakou Dapa, portant le même nom que moi, mais sans lien de famille avec l’ex-maire, je me garde d’en dire davantage, de sorte que le pauvre ne soit pas vu comme partie prenante dans ce réquisitoire à valeur de sanction de votre gestion.

Monsieur le maire Hiliassou, par respect pour les administrés dont vous avez pour quelques mois encore la destinée, s’il vous plaît, arrêtez le cafouillage, l’amateurisme, le pilotage à vue, le désordre sans fil conducteur ! Quel calvaire et quel gâchis du potentiel de cette commune dont la production d’anacarde est réputée de meilleure qualité non seulement au niveau de la Côte d’Ivoire, mais surtout au niveau des pays limitrophes ! Cette ville qui devrait tirer profit des investisseurs qui se bousculent – qui pour la construction d’entrepôts de stockage de noix de cajou, qui pour la construction d’unités de transformation du produit – en est encore à pénaliser les investissements, faute d’un schéma directeur d’urbanisme pour rassurer ces investisseurs, selon les propres confessions du maire.

Une commune qui a une chance inouïe d’être frontalière du Ghana, là où le prix d’achat d’anacarde est constamment en hausse du fait de la spéculation autour de la qualité de la production provenant de Bondoukou. Un Conseil municipal qui aurait pu profiter de cet avantage comparatif pour inciter les spéculateurs à construire les entrepôts et les usines du côté ivoirien de la frontière, au lieu d’alimenter les unités de transformation basées au Ghana, augmentant les capacités d’employabilité de la jeunesse ghanéenne, tandis que celle de Bondoukou est incitée à grossir les « grins » (espaces de verbiage calqués sur les centres de thé, au Mali). Bref, la carence de vision prospective pour booster le développement et l’emploi des jeunes est criarde, à Bondoukou.

Pour être honnête, j’avoue que j’étais passivement heureux d’apprendre l’élection de la liste indépendante que vous dirigiez lors des Municipales. Étant indépendant, vous aviez laissé supposer que vous n’auriez pas de pression d’un parti politique, susceptible de vous détourner de vos objectifs au bénéfice de la population. Mais au constat, la seule consolation que les populations garderont de vous, c’est ce pavillon que vous avez ajouté à l’hôpital régional, en guise d’appât aux électeurs éblouis par la naïveté, à l’approche des élections municipales de 2012.

Enfin, la bonne nouvelle pour vous, c’est que dans la grisaille, aucune liste de prétendants sérieux au leadership irréprochable ne se manifeste sur le terrain pour le moment, dans la perspective des Municipales à venir.

SOS: la ville de Bondoukou en quête d’un maire au profil d’Anne Oulotto, alias « Maman bulldozer » 

Pendant que nous y sommes, pourquoi ne susciterons-nous pas une candidature féminine ayant des prédestinations naturelles pour l’ordre et la propreté, parce qu’ayant déjà appris, à bas-âge, à balayer leur environnement et à instaurer la discipline entre les enfants au niveau du cercle familial ? Voilà les deux verbes d’action qui résument et symbolisent si bien l’action d’un maire, au niveau du cercle de la Cité !

Alors femmes, à vos marques ! Faites acte de candidature pour aller à l’assaut des municipalités ivoiriennes, dont celle de Bondoukou ! Car nul ne peut donner au-delà de ce qu’il a appris à faire. Les hommes n’ont aucune notion du balayage. Raison pour laquelle, parvenus au poste de maire, ils oublient l’essentiel, pour  des futilités.

Chassez les hommes des mairies et parquez-les à l’Assemblée nationale ! Là où leur présence est égale à leur absence, aux yeux de la population ! C’est une des clés pour transformer les centres urbains en villes intelligentes. Partout où des femmes se lèveront pour relever ce défi, sans travestir cet idéal en culte de la personnalité par des slogans creux pour faire croire au chef de l’État qu’elles bossent, elles pourront compter sur notre soutien.

DAPA DONACIENConsultant en passation de Marchés publics (Exécution, Contrôle et Audit). Email : dapadonacien@yahoo.fr



Contactez-nous par mail à redaction.infosduzanzan@gmail.com


3 thoughts on “Lettre ouverte au maire de Bondoukou : « excusez-moi de ma franchise ! »

  1. Ouattara

    Monsieur Dapa,
    Merci pour votre intéressante publication sur notre ville de Bondoukou.
    Vous avez raison. Il n’y a aucune politique digne de ce nom en matière d’urbanisme pour la ville de Bondoukou. C’est vraiment choquant de voir l’état des rues de cette belle ville. Le marché est un vrai cauchemar. Je ne sait pas comment pourrait y circuler les services de sécurité en cas d’incendie ! Une vraie catastrophe nous attend si rien n’est fait pour aérer cet important poumon de la ville.
    En ce qui concerne votre comparaison entre les politiciens de l’époque et d’aujourd’hui, il me semble un peu facile. Les défis environnementaux et démographiques à l’époque du Maire Fétigué Coulibaly sont sans commune mesure à ceux rencontrés par le Maire Koné Hiliassou. Cela n’absout pas l’équipe actuelle de sa part de responsabilité dans l’état actuel de la ville.
    Quant à votre souhait d’avoir une femme à la tête de la ville, je trouve cette idée excellente. Mais la ville a davantage besoin d’un politicien compétent que d’une balayeuse à sa tête. Femme ou homme, la diversité et la parité ne feraient pas de mal à notre ville. Mais à mon humble avis, la ville n’a pas besoin d’une balayeuse. Elle a besoin de femmes et d’hommes compétents à sa tête. Des politiciens capables de proposer un programme fait d’idées, guidé par une ligne directrice. Des politiciens amoureux de leur ville et région. Des représentants capables d’aller défendre les intérêts de la ville à Abidjan.
    Pour moi, un bon candidat est avant tout capable de proposer un programme fait d’idées, guidé par une ligne directrice. Pour Bkou, ce serait une personne en mesure de concevoir un plan de valorisation et de désengorgement du centre-ville tout en proposant de meilleures perspectives à la jeunesse.
    Vous dites que l’actuel Maire avait laissé supposer qu’il n’aurait pas de pression d’un parti politique. Je suis peut être trop pessimiste, mais il me semble difficile de penser que le politicien de Bkou puisse être indépendant du pouvoir central. Comment une ville aussi importante que Bkou puisse échapper aux conflits politiques et convoitises des politiciens d’en-haut?
    Vous n’avez pas évoqué la responsabilité de la société civile dans cette dégradation de la ville. Il faut que les gens acceptent de payer les impôts qui vont permettre à l’administration de mettre les poubelles et le personnel de ramassage pour le maintien d’une ville propre. C’est comme cela que procèdent toutes les grandes villes du monde.
    Pour le reste, le fait même que vous et moi puissions donner notre avis sur l’administration actuelle montre que les choses sont en marche et que la nouvelle génération sortira la ville de sa léthargie.

    Merci encore pour votre article.
    Excellent week-end
    Madjalia Ouattara

    Un peu de lecture sur : Les femmes vecteurs de changement en politique locale : réalités et illusions d’un discours consacre http://books.openedition.org/pufr/399?lang=fr

    répondre
    1. Dapa Donacien

      Bonjour Ma sœur Madjalia Ouattara. Le débat est lancé. Voyez-vous, en rompant avec la mystification de la fonction de maire, nous voulons amener la société civile à comprendre que, la mairie,c’est du concret et non de la fiction. Nous avions applaudi des deux mains, lorsque pour la première fois, une liste indépendante est élue à Bondoukou.
      Et la notion de balayage n’est pas réductrice. Il nous semble que c’est l’essence a minima de ce que la population est en droit d’attendre de leur conseil municipal.
      Nous convenons que le maire doit aller au-delà. Mais ne dit-on pas que l’essentiel avant l’agréable? Sinon, rassurez-vous, ce n’est pas par manque de leadership féminin à Bondoukou que nous simplifions les critères. C’est une figure de style. Nous avons pris le soin de faire un casting préalablement. Si par exemple, nous vous disons que l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Guinée Equatoriale, Touré Fatoumata, avait le profil de l’emploi, vous ne nous direz pas que c’est uniquement à cause de ses talents en balayage. Elle a des qualités en plus de ce minimum. Mais, s’agissant des hommes, l’expérience a prouvé que la souffrance des femmes au marché de Bondoukou ne leur dit rien. Des êtres humains exposés au soleil, rappelant le tristement célèbre marché d’esclaves à WIDA au Sénégal ! Nous disons que c’est au parlement où les hommes ont leur place, pas au foyer de la Cité, à savoir la mairie.
      Pour la première fois, le seul service que les représentants locaux des partis politiques pourraient rendre à la population de Bondoukou, c’est de nous épargner les intérêts politiciens et partisans. Par essence, l’élection municipale n’a aucune connotation politique, ni politicienne. Toutes les institutions le savent. Nous serons toujours reconnaissants à l’équipe municipale en fonction d’avoir mis fin au diktat et à l’emprise des chapelles politiques à la mairie de Bondoukou. A l’issue de notre casting et ayant passé au peigne fin tous les paramètres, nous réaffirmons que le profil qu’il faut, c’est celui d’une femme aux commandes du Conseil municipal. Ça c’est non négociable. Ensuite, autour d’elle, il serait souhaitable que tous ceux qui aspirent à apporter leur savoir faire ou leur carnet d’adresses au développement de la commune viennent spontanément pour faire équipe. L’efficacité et l’opérationnalité de cette équipe commandent que Bondoukou prime sur l’intérêt des partis politiques implantés sur le périmètre communal. Le Maire Koné Haliassou a réussi cet aspect des choses. C’est un acquis et un baromètre au-dessous duquel nous ne devons descendre. C’est pourquoi il serait important que le Maire sortant se range sagement de notre côté et ensemble, nous joindrons nos efforts pour approcher humblement la femme qui répond au mieux au profil. Nous ne voudrions pas disperser les forces. Les difficultés du maire actuels ne signifient pas qu’il est inapte sur tous les plans. Il a sa place, et une place de choix dans le Conseil à venir, y compris ses conseillers. Mais, attention, si l’on veut nous snober ou nous dribbler, nous n’aurons pas d’autres choix que de balayer à la régulière et de façon très intelligente, sans ménagement les collaborateurs du maire sortant. Il y a un proverbe qui dit:  » C’est par respect que l’éléphant broute dans ton champ la nuit. Sinon, s’il se présente en pleine journée il broutera avec la même sérénité ». La réputation du maire sortant s’est complètement affaissée. Il doit en tirer toutes les conséquences sans résistance aucune.
      Autres chose: nous apprenons que des « has-been » seraient sur le point de revenir (encore à la tête de la commune). Nous demandons sincèrement pardon à ceux-là, même si ce sont nos homonymes.
      Mais, par contre, il ne serait pas sans intérêt que tous ces groupes et les diverses tendances se fondent en une seule team au soutien du leader féminin que nous préparons.
      Au total, nous sommes arrivés à un point de non retour : TOUTE CANDIDATURE ESTAMPILLÉE DE TEL OU TEL PARTI POLITIQUE MORDRA LA POUSSIÈRE A BONDOUKOU.
      C’est notre parole d’honneur. Le président de la République, le président de l’Assemblée Nationale, le Président du FPI (Affi et Sangaré), le président du PDCI, le président du RDR savent mieux que nous, que la seule élection à préserver des rivalités politiciennes est l’élection municipale. Nous nous souvenons de ce qu’un ancien président de la République (Laurent Gbagbo) l’ait rappelé à une occasion solennelle. Nous nous souvenons de ce que l’actuel président de la République (Alassane Ouattara) l’ait rappelé à la veille des Municipales passées, en exhortant que les cadres d’une commune puissent se mettre ensemble pour le développement de la Commune.
      Nous nous en tenons à cela pour dire que tous ceux qui voudront se battre pour les intérêts d’un parti politique ou de plusieurs (RHDP, CND) aillent se faire valoir à l’Assemblée Nationale ou à la présidentielle à Bondoukou, et non à Bondoukou qui a d’autres chats à fouetter: à savoir la nécessaire cohésion entre les cadres. Et le seul ciment identifiée: c’est une équipe qui s’affranchit des colorations politiques.
      C’est le seul point commun avec l’équipe du maire sortant que nous imposerons à la candidate féminine. L’honnêteté nous commande d’être reconnaissant au maire sortant pour cet acquis à consolider.
      Il serait bénéfique que ma soeur Madjalia Ouattara soit un acteur clé de ce système aux côtés de l’Ambassadeur Touré Fatoumata.
      Mais au cas où l’Ambassadeur déclinerait l’offre, nous faisons confiance à notre sœur Madjalia Ouattara de nous en proposer une, sans a priori. Pourquoi pas elle ? Le débat reste ouvert, jusqu’à décision de l’Ambassadeur.
      We have no time to waste.

      Cordialement.

      Dapa Donacien

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      1. Ouattara

        Cher frère,
        Je viens de vous lire et ne peux m’empêcher d’apprécier votre talent d’orateur ! Très passionnant et rassurant de constater que nous sommes du même avis quant aux nombreux talents des femmes de chez nous.
        Je suis d’avis que SE Madame l’Ambassadrice F. Touré serait une candidate idéale pour notre ville de Boudoukou. Elle est faite pour ce monde-là. Depuis ma tendre enfance, je l’ai observée dans ses études, sa carrière, dans son rôle de fille de grande famille, mère et grande-soeur et je peux vous dire qu’elle serait parfaite dans ce rôle de maire de Bondoukou. Elle apporterait son dynamisme, ses années d’expérience au service de la diplomatie et de son dévouement à la nation. Son réseau professionnel sera aussi un grand atout pour notre ville.
        Je suis flattée que vous évoquez mon nom en cas d’indisponibilité de la grande-sœur. Comme vous le dites si bien, Bondoukou regorge de femmes de talents et d’expériences. Je pourrai aussi vous citer le nom d’une des jeunes sœurs de l’Ambassadrice, Madame Touré Madjalia, très impliquée dans la vie de Bkou. Leurs chaussures restent encore trop grandes pour mes pieds. Mais grand merci à vous d’avoir pensé à moi.
        Bien a vous
        Madjalia Ouattara

        répondre

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