Mardi , 24 octobre 2017
L'Édito

L’entreposage des noix de cajou, préalable à leur transformation industrielle

Une vue des participants à l'Atelier de restitution des résultats des besoins d'entrposage, à l'espace CRRAE Umoa (Abidjan)

Restitution des résultats des besoins d’entreposage, au CRRAE-UEMOA, à Abidjan

Ambitionner de transformer toute la production nationale d’anacarde, c’est pouvoir entreposer entre 700.000 et 800.000 tonnes de noix brutes de cajou. Pas une mince affaire ! D’autant plus que les magasins de stockage doivent obéir à des normes de qualité. Condition pour prétendre avoir des financements et amorcer efficacement l’industrialisation, grâce au Système de récépissé d’entreposage (SRE).

Qu’est-ce que le SRE ?

Le Système de récépissé d’entreposage est une méthode de financement par laquelle des prêts sont octroyés contre des biens détenus dans un entrepôt. Le gestionnaire d’entrepôt émet un récépissé pour les marchandises stockées. Ces dernières sont utilisées comme garanties mobilières lors d’une demande de prêt auprès d’une institution de crédits. En Côte d’Ivoire, la loi relative au SRE a été adoptée en juillet 2015. Outre le cadre réglementaire, une des conditions de réussite de ce nouveau mécanisme de financement est l’existence de magasins de stockage aux normes.

Dans cette perspective, le Programme d’appui au secteur agricole en Côte d’Ivoire (PSAC) a sollicité le Bureau Veritas pour le compte du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), maître d’ouvrage de la politique d’industrialisation du secteur cajou. Objectif : faire une évaluation des capacités et besoins de stockage, sur l’étendue du territoire ivoirien.

Fanja Ravoavy, représentant la Société financière internationale (SFI)

Fanja Ravoavy, représentant la Société financière internationale (SFI)

Les conclusions de cette étude ont été restituées, jeudi 21 avril, devant Fanja Ravoavy, représentant la Société financière internationale (SFI) en Côte d’Ivoire. Elle a rappelé la disponibilité de ce démembrement de la Banque mondiale à accompagner l’État ivoirien dans son ambition de transformer 100% de sa production de noix de cajou. « Nous connaissons les problèmes d’accès au financement, surtout les fonds de roulement auxquels font face les transformateurs. D’où la mise en place du SRE qui règle la question du financement d’une manière un peu plus facile », s’est réjoui madame Ravoavy. Mais « ce système ne peut pas fonctionner sans des magasins de stockage aux normes de qualité d’entreposage », a-t-elle prévenu.

Même optimisme chez Agneroh Amari Raphaël, coordonnateur du PSAC, pour qui « le SRE est un moyen d’accéder aux financements ». Ajoutant qu’avec ce nouveau mécanisme, sa structure entend transformer 25% d’anacarde, en 2017. Il a prié les transformateurs à mettre leurs magasins aux normes, afin de les rendre éligibles au SRE. Idem pour Komenan Mougo, directeur général des activités industrielles au ministère de l’Industrie.

Peu avant, le coordonnateur général du CCA, Karim Berthé, a annoncé que l’inventaire de tous les magasins de stockage de noix de cajou est le premier maillon du volet de la structuration du secteur anacarde. Rappelant que l’an dernier, 702.510 tonnes ont été produites en Côte d’Ivoire, pour une transformation locale d’environ 50.000 tonnes. « Nous avons l’ambition de transformer 100% de la production. Pour cela, il faut des espaces de stockage », a-t-il lancé.

Atelier-Stockage-2

Le Bureau Veritas a dénombré 1.056 magasins de stockage. Mais 266 (d’une capacité totale d’entreposage de 799.160 tonnes) sont sélectionnables pour le SRE. Abidjan et San-Pedro (zones portuaires) concentrent à elles seules une capacité de 512.000 tonnes.

Dans le Bounkani (Bouna) et le Gontougo (Bondoukou), 122 magasins ont été inventoriés. Sur ce nombre, 59 ont une surface inférieure à 100 m², et 63 supérieure ou égale à 100 m². Au plan national, Bondoukou a une capacité d’entreposage annuelle de 60.000 tonnes, loin devant les autres localités productrices du pays. Séguéla occupe la 2ème place avec une capacité de 31.000 tonnes. Suivis de Yamoussoukro (30.000 tonnes) et Bouaké (24.000 tonnes). Tanda arrive en 5ème position avec une capacité de stockage de 10.800 tonnes, derrière Vavoua (21.600 tonnes).

Capacité d’entreposage annuelle par région

Bounkani

Bouna : 6.000 T

Doropo : 1.200 T

Nassian : 2.400 T

Téhini : 1.200 T

Gontougo

Bondoukou : 60.000 T

Koun-Fao : 1.800 T

Sandégué : 3.000 T

Tanda : 10.800 T

Transua : 2.400 T

À noter que le stockage et la conservation de l’anacarde dans les zones Centre et Nord constituent un souci majeur pour le Conseil du coton et de l’anacarde. La noix de cajou est en effet un produit vivant. Elle germe vite. Le défi : la conserver plus longtemps.

OSSÈNE OUATTARA

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2 commentaires

  1. J’ai besoin de construire un entrepôt pour 12000 tonnes au Senegal
    et je ne trouvent aucun renseignements contrôlé.
    En avez vous ?
    Merci

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