Jeudi , 19 juillet 2018
L'Édito

Le Parquet de Bondoukou accusé de « complaisance » envers des trafiquants

Ayé Alain, acheteur du cajou à Bondoukou, a dénoncé la complaisance du Parquet envers les trafiquants

Ayé Alain, acteur de la filière cajou, a dénoncé la complaisance de la Justice envers les trafiquants

Comme à Agnibilékrou, Transua, Tanda et Bouna, les échanges ont été francs et directs à Bondoukou, vendredi 17 mars. À cette dernière étape de la mission de suivi de la commercialisation du cajou 2017 entamée lundi 13 mars par la direction générale du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), plusieurs problèmes ont été soumis au directeur Adama Coulibaly par des acteurs de la filière.

S’agissant de la lutte contre la fuite des noix vers le Ghana, la « complaisance » des autorités judiciaires locales envers les trafiquants a été dénoncée. « L’action des forces de sécurité pour empêcher la fuite de nos produits vers le pays voisin se heurte à des décisions de justice. Des camions bourrés d’anacarde qui partaient manifestement au Ghana ont été saisis par ces forces. Et sur décision du Parquet, les véhicules et leurs chargements ont été restitués aux propriétaires. Motif évoqué : les infractions ne seraient pas constatées à la frontière », a révélé Ayé Raphaël. Cet opérateur du secteur cajou a enfoncé le clou : « cette décision de justice a rendu plus forts les trafiquants. Ces derniers se sentent plus à l’aise dans leur sale besogne ». Voir vidéo ci-dessous.

En clair, l’argument du Parquet est ceci : aucune infraction ne peut être collée à un camion circulant sur le territoire national avec sa cargaison de cajou, même si ce véhicule est à 2 centimètres de la frontière. En revanche, ce camion est en faute si [et seulement si] il traverse la frontière. Militaires, gendarmes, policiers…ne pourront donc jamais arrêter un véhicule. S’ils doivent attendre que ce véhicule franchisse la frontière, malgré l’interdiction d’exporter le cajou par les voies terrestres. Pour cause, une fois la frontière Est franchie, on se retrouve déjà au Ghana. Les forces de sécurité ivoiriennes ne peuvent plus rien faire.

Les gardes-frontières profitent de cette « complaisance » judiciaire. « Le poisson pourrit toujours par la tête. Si les frontières sont poreuses, c’est que des personnes acceptent qu’elles le soient ! », accuse Assibondry Kouassi. Le secrétaire général de l’Union des acheteurs d’anacarde de Bondoukou fait allusion aux chefs de commandement des forces de sécurité de la région de Gontougo. « C’est sur eux qu’on compte pour nous défendre en cas d’agression extérieure. Si dans cette traite de l’anacarde ils nous ont laissés envahir par des étrangers venus avec du cash, que feront-ils en cas d’attaque avec des armes ? », s’est-il interrogé. Assibondry a rappelé aux chefs des différents corps leurs responsabilités.

Des « propos clairs et limpides » pour le directeur du CCA. Mais Adama Coulibaly n’a pas dévoilé le contenu du tête-à-tête qu’il a eu quelques instants plus tôt avec monsieur le procureur. « Avant de venir dans cette salle, nous avons rencontré le procureur de la République. Nous avons parlé. Nous nous sommes compris », a répondu laconiquement le patron des filières coton et cajou.

Une vue du corps préfectoral et des chefs des forces de sécurité de Gontougo

Une vue du corps préfectoral et des chefs des forces de sécurité de Gontougo

Pour l’heure, le Parquet n’a pas décidé du sort des camions et leurs chargements saisis ces derniers jours. Ils sont en souffrance à la caserne du Bataillon de sécurisation de l’Est et à la brigade de gendarmerie.

BEMA OUATTARA

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