Dimanche , 18 novembre 2018
L'Édito

Le Conseil du coton et de l’anacarde exhorte à la production de noix de cajou de qualité

Katiola-3

Les responsables de la filière anacarde l’ont compris : il ne suffit pas à la Côte d’Ivoire d’être et demeurer 1er producteur mondial de noix brutes de cajou. Le pays doit allier productivité et qualité. Des progrès ont été faits. De 9.6% en 2013, le taux d’humidité des noix a progressivement chuté pour s’établir autour de 8.6% en 2017. Sur la même période, le grade des amandes ou KOR (Kernel Outturn Ratio) est passé de 46 à 48.

Evolution du taux d'humidité et du grade des noix ivoiriennes de 2013 à 2017. Source : ANADER & FIRCA

Baisse du taux d’humidité et évolution du grade des noix ivoiriennes de 2013 à 2017. Source : ANADER & FIRCA

Mais la Côte d’Ivoire reste en dessous des niveaux atteints par la Tanzanie, la Guinée-Bissau et d’autres qui ont franchi la barre des 50 outturn, s’agissant de la qualité de leurs produits. Résultat, leur anacarde est plus compétitif sur le marché international.

Représentant le DG du CCA à Katiola, Ouattara Gniré Mariam a invité les acteurs locaux à s’inscrire dans la démarche qualité

Représentant le DG du CCA à Katiola, Ouattara Gniré Mariam a invité les acteurs locaux à s’inscrire dans la démarche qualité

Une étude commanditée par le Conseil du coton et de l’anacarde (CCA) auprès de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) et du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) a identifié les causes de la qualité moyenne des noix ivoiriennes.

Une vue du public, à Katiola

Une vue du public, à Katiola

Du mardi 23 au samedi 27 janvier, les solutions proposées par l’étude conjointe en vue de préserver et améliorer la qualité de l’anacarde ont été expliquées aux producteurs, acheteurs et exportateurs. C’est au cours de missions simultanées dans des chefs-lieux de régions productrices. À Katiola, Mankono, Boundiali, Ferké, Bouna et Bondoukou, les équipes du CCA ont instruit les acteurs locaux de la filière sur la manière de produire des noix de qualité.

Bonnes pratiques agricoles (BPA)

Diomandé Amed

Soro Klotioloman de l’ANADER et Diomandé Amed du CCA en séance d’explication sur les bonnes pratiques et la qualité

Pour Soro Klotioloman, coordonnateur coton et anacarde à l’ANADER, appliquer les bonnes pratiques agricoles liées à la qualité revient à nettoyer les champs (intérieur et autour de la plantation) pour éviter aux noix les piqûres d’insectes. Ramasser immédiatement les fruits tombés pour leur épargner la moisissure. Séparer la noix de la pomme à l’aide de la ficelle pour ne pas que l’acidité du jus de la pomme abîme les mains. Sécher les noix de cajou sur une claie (« djana » en langue koulango), les trier, les conditionner dans des sacs en jute puis les stocker dans un endroit aéré. Pas recommander de secouer les arbres pour accélérer la chute des pommes.

Le Gontougo envié

Producteurs, acheteurs et exportateurs des régions de Béré (Mankono) et Hambol (Katiola) envient le Gontougo (Bondoukou). Bien qu’il ait rétrogradé de sa place de 1ère région productrice de la Côte d’Ivoire, il continue à maintenir sa notoriété au niveau de la bonne qualité de sa production. Un statut qui fait que le Gontougo s’en tire mieux, à chaque campagne. Les prix d’achat qui y sont pratiqués, au-dessus de ceux en cours dans les autres régions du pays.

Les 3 grandes régions productrices d'anacarde de Côte d'Ivoire et les tonnages de 2014 à 2017. De sa 1er rang, le Gontougo est passé à la 3ème place derrière le Béré et le Hambol. Source: ANADER & FIRCA

Les 4 grandes régions productrices d’anacarde de Côte d’Ivoire et leurs tonnages de 2014 à 2017. De son 1er rang, le Gontougo est passé à la 3ème place derrière le Béré et le Hambol. Source: ANADER & FIRCA

Mais en raison de sa proximité avec le Ghana, Bondoukou vend la grande partie de sa production au pays voisin. Malgré toutes les mesures d’interdiction. De 2014 à 2017, les tonnages enregistrés par le Gontougo ont connu une baisse continu. Passant de 136.512 à 70.787 tonnes. Soit 65.725 tonnes qui ont échappé au circuit officiel de contrôle du Conseil du coton et de l’anacarde en 4 ans. L’organe de régulation suspecte cette énorme quantité d’être frauduleusement exportée au Ghana. Situation qui a une double conséquence : dégringolade du Nord-Est de sa place de 1ère région productrice nationale et perte d’argent pour l’économie ivoirienne.

À Bondoukou, Niamkey Kouamé (chef de zone de l'ANADER) a expliqué les dispositions à prendre pour obtenir du cajou de bonne qualité

À Bondoukou, Niamkey Kouamé (chef de zone de l’ANADER) a expliqué les dispositions à prendre pour obtenir du cajou de bonne qualité

OSSÈNE OUATTARA

A propos de Info du Zanzan

Contactez-nous par mail à redaction.infosduzanzan@gmail.com

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>