Mardi , 24 octobre 2017
L'Édito

Lamine Diabagaté : De Bondoukou à la tête de la commune de Marcory

L’ex-maire de Marcory est de Bondoukou. Lamine Diabagaté a retracé le chemin qui l’a conduit à la tête de la municipalité, à Abidjan.

Lamine Diabagaté, ex-maire intérimaire de Marcory

Lamine Diabagaté, ex-maire intérimaire de Marcory

Né dans une des 5 familles de Karidioulasso (quartier Kamagaya) à Bondoukou, Lamine Diabagaté fait son cycle primaire à l’école de la mission catholique. Établissement situé à quelques pas du domicile familial. Il part à Agnibilékrou lorsqu’il faisait la classe de CM1, dans les années 1970. Après y avoir passé quelques années, il séjourne à Abengourou jusqu’à la fin de ses études secondaires.

Monsieur Diabagaté, un « fils de tout l’Est ivoirien », plaisante-t-il. À Abidjan, le jeune homme s’oriente vers la comptabilité. Mais l’œil avisé d’un « aîné expert-comptable » décèle en lui l’âme de « commercial ». Suivant les conseils de ce dernier, il se forme en commerce et décroche un boulot dans la société d’un cadre originaire d’Iguéla (localité près de Tanda).

L’homme a de l’ambition. Il crée son entreprise en 1990 : Société de marchandises générales de Côte d’Ivoire (SOMAGCI). Sa branche, SOMAG-SEL, importe essentiellement du sel. La réalité du monde des affaires aura raison de son jeune âge. En effet, Lamine Diabagaté n’avait pas 30 ans quand il se lance dans les affaires. Échec ! Mais pas question d’abdiquer. Il repart sur les bancs « pour mieux apprendre ».

Il signe son retour en implantant une entreprise à Niamey, la capitale économique du Niger. En plus du sel, la société importe d’Afrique du Sud des fruits (pommes, raisins, poivre…). Entreprise florissante : elle est située à 50 kilomètres du Nigéria (la province de Kano). Un marché d’environ 20 millions de consommateurs. « C’est à cela que je dois ma réussite », fait savoir Lamine Diabagaté.

L’entrée en politique 

En 2000, le chef d’entreprise fait son entrée en politique. À Marcory (sa commune de résidence), il est directeur de campagne du candidat du Rassemblement des républicains (RDR) aux Municipales. La liste conduite par Akanda Assi Marcellin, du Front populaire ivoirien (FPI), remporte l’élection. N’empêche ! Lamine Diabagaté devient conseiller municipal.

Pendant la crise politique de 2011, un arrêté municipal, « signé du maire Akanda Assi lui-même », désigne le natif de Bondoukou maire intérimaire. Puis, à la fin de la crise, un décret des nouvelles autorités gouvernementales le confirme dans sa fonction, « après constat de l’absence prolongée du titulaire » (en exil).

Est-ce un hasard si Lamine Diabagaté a présidé aux destinées du riche quartier d’Abidjan ? Poste « divinement » mérité. Il affirme le devoir à Dieu, qui l’a récompensé pour les « bonnes actions » posées à l’égard des administrés. Alors officier d’état civil (2002), l’homme se souvient avoir été « plus sollicité que n’importe quel autre agent de la municipalité ». Et jamais n’a manqué de satisfaire un usager. Quitte à travailler tard dans la nuit, sans exiger des dessous-de-table. « Je savais que spirituellement j’étais payé. C’est le cumul de « Que Dieu te bénisse » depuis 10 ans qui a fait de moi le maire de la commune », précise l’ex-conseiller municipal.

Un intérim parsemé de multiples prix

Trophée africain du meilleur artisan de développement

Trophée africain du meilleur artisan de développement

À la tête de la mairie de Marcory depuis seulement une année, Lamine Diabagaté a convaincu par ses qualités managériales. Ce qui lui a valu des lauriers. Il est désigné meilleur maire du District d’Abidjan, en mai 2012. Des ONG l’ont distingué 4 fois pour son travail. Le 18 septembre 2012, il reçoit une lettre du Gabon lui informant qu’il est « lauréat du Prix africain des meilleurs artisans de développement (PAMAD) dans la catégorie Gestion des collectivités locales ». Courrier signé du 1er vice-président du Bureau exécutif du Réseau des professionnels de la communication pour l’intégration africaine (REPCIAF).

Un maire entouré de jeunes

Lamine Diabagaté s’est déclaré candidat aux Municipales du 21 avril 2013. Il avait pour force la jeunesse. Il s’était entouré de jeunes. Ces derniers avaient quadrillé les 4 coins de Marcory. Une de leurs armes : les réseaux sociaux (facebook, twitter, blogs,…). Le « maire choco » préparait donc sa victoire dans l’ombre. Il ne se déplaçait pas sans des jeunes gens autour de lui. Mais coup de théâtre…

L’erreur politique du RDR

Face à Aby Raoul, candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Lamine Diabagaté avait l’avantage d’être déjà aux affaires. Mais coup de théâtre : le RDR prend une décision inattendue. À quelques mois de l’élection municipale, Mariam Fétigué Coulibaly (fille du premier maire de Bondoukou) est désignée candidate officielle du parti. Une erreur politique lourdement sanctionnée : la présidente des femmes du RDR de Marcory est battue. Le parti présidentiel perd la commune chic. Lamine Diabagaté, éphémère maire (2 ans d’intérim), retourne à ses occupations d’homme d’affaires.

Il ne cache pas son ambition de se porter candidat aux Municipales prochaines. Quitte à aller en indépendant s’il n’a pas l’onction de son parti, le RDR. Seul point noir : on reproche à monsieur Diabagaté de s’être replié sur lui-même, depuis qu’il ne préside plus aux destinées de Marcory.

Son regard sur le Zanzan

S’agissant de son regard sur sa région, il ne veut pas « montrer son village avec la main gauche ». « C’est à l’État de construire les infrastructures de base. Mais il ne construira pas des duplexes pour les cadres. Il nous revient de faire de notre région un modèle. C’est aux cadres de la bâtir », dit-il. Affirmant par ailleurs l’excellence de ses rapports avec ses autres « frères » du Zanzan (régions de Bounkani et Gontougo). Lamine Diabagaté a foi en l’avenir de Bondoukou. Il compte sur les nouvelles intelligences, la « nouvelle race de cadres », toujours « à l’écoute des uns et des autres » pour relever le défi du développement.

OSSÈNE OUATTARA

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