Samedi , 18 novembre 2017
L'Édito

Kouassi Djato : « …nous formons une famille au sein de Cori-yon »

Il est le fondateur de Cori-yon, une association à nulle autre pareille qui regroupe plus de 700 ressortissants du Zanzan à Abidjan. Autant de monde qui fait la fierté du président Kouassi Djato, natif de Kouafo-Akidom (Bondoukou). L’ancien salarié de la société ASTRAL donne les raisons de la naissance d’une des organisations sociales les plus disciplinées et respectées de la métropole.

Le président Kouassi Djato, dans son bureau à Koumassi, le samedi 27 février

Le président Kouassi Djato, dans son bureau à Koumassi, le samedi 27 février

Président, de quelle localité du Zanzan venez-vous ?

De par les origines de mon père, je viens à la fois de Kouafo-Akidom et de Kouassi-N’Dawa. Et de par ma mère, je suis de Tabagne, dans le département de Bondoukou.

Depuis quand résidez-vous à Abidjan ?

Je vis à Abidjan depuis 1970. Après les études au Collège moderne (devenu plus tard le Lycée) de Bondoukou en 1967, j’ai travaillé à la société ASTRAL. De 1972, j’y suis resté jusqu’en 2000.

On vous doit la naissance de Cori-yon, une association dont on dit beaucoup de bien à Abidjan. Quand l’avez-vous créée et quel a été le contexte de sa création ?

Cori-yon est créée en 2005. En langue koulango à Bondoukou, Cori-yon signifie « Aime ton Prochain ». Raison pour laquelle cette association a pour piliers l’amour, la compassion et l’altruisme. En effet, lorsque j’ai perdu mon emploi en 2000, la vie m’était devenue pénible. Je n’avais plus de maison pour loger ma famille. Ma cousine Affoua Emma (côté Tabagne) m’a remis la somme de 12 millions en guise de soutien. Je n’oublierai jamais cet acte de haute portée sociale. J’ai bénéficié de la même bienveillance quand ma mère est décédée en 2005. Les amis Adou Kouadio Boty, Kobenan Dassié, Adou Koffi Denis et Bini Kouamé Nash m’ont aidé financièrement. Je me suis alors posé cette question : qu’est-ce qui peut pousser une personne à vous aider alors que vous n’avez avec cette personne ni la même mère ni le même père ? Il y a une seule réponse : aimer foncièrement l’Homme. Chez nous à Bondoukou, « aimer l’Homme » se dit « Cori-yon ». Voici d’où m’est venu le nom de l’association. Cori-yon a été créée parce que des personnes m’ont permis de comprendre le sens du mot Amour.

Dans quel but avez-vous créé cette organisation ?

L’entraide est la raison principale de la naissance de Cori-yon. En effet, lorsqu’on aime une personne, on partage des choses avec cette personne. D’où cette devise à Cori-yon : servir, s’unir pour prospérer ensemble. L’organisation a donc été créée dans le but de s’entraider, se secourir et former une famille au-delà des frontières du Zanzan, notre région de provenance. À Abidjan, nous formons une famille au sein de Cori-yon.

À sa création, la structure comptait combien de membres ?

Nous étions 65 membres en 2005. Aujourd’hui en 2016, soit 11 ans après, Cori-yon compte 710 personnes inscrites.

D’où viennent ses membres ?

Les membres sont des ressortissants du Zanzan vivant à Abidjan ou dans les banlieues de cette ville. Ils viennent de Tankessé, Koun-Fao, Transua, Tanda, Assuéfry, Sandégué, Bondoukou, Bouna, Nassian, etc.

Vu l’engouement que suscite Cori-yon, pourquoi n’étendez-vous pas l’adhésion aux ressortissants d’autres régions du pays ?

C’est pour éviter des problèmes. Nous maîtrisons mieux les us et coutumes des populations du Zanzan. Cependant, il y a une ouverture aux autres communautés.  Une personne originaire d’une autre région peut adhérer à Cori-yon. À condition que cette personne soit légalement mariée à quelqu’un du Zanzan.

Kouassi-Djato-1

Brièvement, quels sont les droits et devoirs d’un membre de votre association ?

Si vous êtes intéressé par Cori-yon, la première chose à faire, c’est y adhérez en s’acquittant des droits d’adhésion. Une carte de membre vous est remise. La qualité d’adhérent implique des devoirs qui précèdent les droits. Par exemple, il vous est fait obligation d’assister au moins à une réunion tous les 4 mois. Des cotisations obligatoires en cas de décès d’un membre. Être à jour de ses cotisations mensuelles. Au niveau des droits, l’association participe à l’achat des médicaments à hauteur de 50% de l’ordonnance, en cas de maladie. Pour le décès d’un membre au village, une somme comprise entre 850.000 et 1 million francs CFA est remise à un des proches du défunt. Si le décès a lieu à Abidjan, l’association débloque entre 1 million et 1.400.000 francs CFA. Cori-yon accorde aussi des crédits à ses membres.

Certainement que dans son fonctionnement, l’organisation rencontre des difficultés. Si oui, quelles sont-elles ?

Hormis des comportements contraires à l’esprit associatif, il n’y a pas de problème majeur. Ces mauvais comportements de certains membres se traduisent par des prêts non remboursés. À ce jour, les pertes liées au non remboursement des sommes empruntées dépassent les 300.000 francs CFA.

Des autorités du Zanzan participent-elles souvent aux réunions périodiques de Cori-yon ?

Oui ! Certains viennent. Même si ce n’est pas souvent. Notre président d’honneur est Adou Kouadio Boty (directeur de l’entreprise Mouroufié). Il est de Hérébo. Nous avons aussi reçu Mohamed Ouattara (député de Sorobango et Tagadi), Adjoumani Kokoh (président des experts-géomètres de Côte d’Ivoire), Mory Diabagaté (directeur de Soleil ivoire), Kouassi Thomson (administrateur des services financiers), le Colonel Oka (directeur des Ressources humaines à la Douane). Tous ont été faits membres d’honneur de l’association. Ici à Koumassi, nous avons reçu la visite de la députée Adjaratou Traoré et le maire N’Dohi Raymond.

Propos recueillis par ABOU KAMAGATÉ

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