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Mercredi 25 avril 2018
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Il n’y a pas de migrants illégaux, mais des migrations irrégulières

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Migrants illégaux ! « Un migrant, un être humain n’est pas illégal, ce sont ses actions qui peuvent l’être ». C’est un des exemples donnés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au Sénégal, pour illustrer comment les termes employés, notamment par la presse à propos des migrants, sont connotés négativement.

Du 20 au 21 décembre 2017, à Dakar, le bureau local de l’OIM a organisé un atelier de formation sur « le traitement de l’information liée à la migration à l’ère du numérique ». Il est destiné à la presse, aux étudiants en journalisme et à certains acteurs de la société civile.

Dans son allocution d’ouverture, la représentante de l’OIM au Sénégal, Jo-Lind Roberts-Sene, a insisté sur le « rôle fondamental que jouent les médias, [qui] doit amener les journalistes, bloggeurs, reporters et autres, à chercher les mots justes, à utiliser les bons termes, afin que le message produise l’effet escompté ».

La chargée de la communication et des médias de l’OIM Afrique de l’Ouest et du Centre, Florence Kim, a, dans un jeu de questions-réponses, voulu tester les connaissances des participants dans ce domaine de la migration mais aussi tordre le cou à quelques préjugés. Notamment, en ce qui concerne une définition du migrant international. Il n’y en a pas et il n’y a pas de cadre juridique à proprement parler ni de convention internationale pour la migration. Si l’expression « migrant économique » est souvent utilisée pour décrire des candidats à l’exil n’ayant pas quitté leur pays pour les motifs exposés dans la Convention de Genève de 1951 sur le statut de réfugié (risques de persécution, etc.), elle n’existe pas en droit international.

Les participants à l’atelier ont été surpris en apprenant que la migration est un droit fondamental consacré dans l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 mais qui n’est pas toujours reconnu comme tel.  Chaque pays demeure souverain et est libre de décider qui a le droit de passer sa frontière et comment.

Il s’agit donc de démystifier et de remettre les choses en perspective, notamment les termes employés par rapport aux chiffres. Par exemple, 120.000 migrants sont arrivés en Italie en 2017. Peut-on parler d’une invasion de l’Union Européenne quand celle-ci compte plus d’un demi-milliard d’habitants ?

La terre compte 7 milliards d’êtres humains. Parmi ceux-ci, on compte environ 1 milliard de migrants. Seulement 244 millions sont des migrants internationaux. Les plus nombreux d’entre eux viennent d’Asie, suivis des Européens puis les ressortissants d’Amérique du sud et centrale. Les Africains sont en queue de peloton. Ils représentent 14% du total et la moitié d’entre ces derniers ne dépassent pas les limites du continent africain.

En ce qui concerne tous ceux qui décident de migrer en quête d’un avenir meilleur et d’un travail, l’OIM recommande l’expression juridique « travailleurs migrants » plutôt que « migrants économiques ».

« Migrant clandestin » ? Écrivons plutôt migrant irrégulier !

Les migrants irréguliers qui ne bénéficient d’aucune protection internationale, contrairement aux personnes reconnues comme étant « réfugiées », sont plus vulnérables parce que n’ayant pas d’existence légale dans le pays où elles se trouvent. Elles peuvent être plus facilement  victimes de la traite des êtres humains. On estime que 27 millions de personnes sont victimes de la traite dans le monde. Elles peuvent être soumises, entre autres choses,à l’exploitation sexuelle et au travail forcé. Traite qu’il ne faut pas confondre avec le trafic d’êtres humains qui est l’activité des passeurs. Ceux-ci font passer illégalement les frontières aux migrants avec le consentement de ceux-ci mais en enfreignant les lois des pays.

Rôle de l’OIM

« Faire ouvrir les frontières et donner plus de droits aux migrants ! », c’est ce qu’on entend de la bouche des détracteurs de l’OIM. Depuis septembre 2016, l’OIM est l’organisme des Nations Unies chargé des migrations. À sa création en 1951, elle se limitait à la logistique. Par la suite, l’agence intergouvernementale a eu pour rôle d’encadrer les migrations, protéger les migrants, les aider à rentrer chez eux quand ils le souhaitent, les aider à se réinsérer, aider les États dans la mise en place de leur politique migratoire, mais aussi favoriser une meilleure compréhension des migrations et de leurs aspects positifs pour le développement économique et social du pays d’origine, de transit ou de destination.

La deuxième et dernière journée de l’atelier a été consacrée à la partie technique. À savoir le journalisme à l’ère du numérique et le traitement des migrations.

PLACIDE MUHIGANA



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