Dimanche , 19 novembre 2017
L'Édito

FILIERE CAJOU : Menace sur la campagne 2014

Les producteurs d’anacarde craignent une mauvaise campagne 2014

Les producteurs d’anacarde craignent une mauvaise campagne 2014

Moins de 3 mois de la traite, des voix discordantes se font déjà entendre dans le camp des producteurs. Au cours d’une Assemblée générale à la Chambre d’Agriculture, le samedi 21 décembre, les membres de l’Association nationale des producteurs de cajou de Côte d’Ivoire (ANAPROCAJOU) ont décrié les conditions drastiques imposées aux coopératives par le Conseil du coton et de l’anacarde. Nouvel organe de régulation créé en septembre 2013.

Pour cause, pas moins de 33 conditions à remplir dans l’intervalle d’un mois (du vendredi 22 novembre au lundi 23 décembre) pour l’obtention ou le renouvellement de l’agrément 2014 de tous les opérateurs intervenant dans le secteur de l’anacarde. A cela s’ajoutent les frais de dossier : 200 mille francs. « Le Conseil du coton et de l’anacarde exige 25 millions de francs comme caution à verser sur son compte et un capital de 25 millions pour aller à l’exportation pour les sociétés coopératives de producteurs », a révélé Dagou Djédjé Crépin. Pour le premier responsable de l’ANAPROCAJOU, cette mesure plombera, à terme, les initiatives des coopératives vers l’exportation, « faisant le lit des multinationales à grands capitaux qui risquent de prendre toute la filière en otage ».

Analyse de la situation

La crainte de l’ANAPROCAJOU, légitime. Les coopératives de cajou connaissent toutes des difficultés de trésorerie. Aucune d’elles n’est capable de débourser les 50 millions de francs exigés pour aller à l’export.

L’expérience a démontré une hausse du prix d’achat bord-champ quand plusieurs sociétés interviennent dans la chaîne d’achat et d’exportation. Le contraire risque de se produire cette année avec les conditions draconiennes imposées par le nouvel organe de régulation. Ces mesures excluent d’office nombre de petites entreprises exportatrices (sociétés coopératives) non encore aux normes de l’OHADA. Et qui attendent de se mettre à jour. Pour la campagne à venir, la menace de monopole est réelle. Le marché du cajou, en passe de se retrouver aux mains d’une poignée d’acteurs. Situation qui fait craindre un prix d’achat dérisoire du kg bord-champ. En effet, la poignée d’acheteurs agréés seront vite submergés par des quantités énormes de noix brutes. Impossible pour ces acteurs d’acheter et exporter toute la production nationale estimée à environ 500 mille tonnes. Les producteurs, alors les plus grands perdants. Plus de 3 millions de paysans privés de revenus seront atteints par une pauvreté extrême. Les conséquences sociales, inimaginables.

Dans cet horizon brouillé, le Conseil coton anacarde alourdit les charges des coopératives et des acheteurs. Il a introduit des parafiscalités comme dans le secteur du tabac : 25 mille francs exigés aux coopératives et 50 mille aux acheteurs, avant le début de la traite. « Ces mesures unilatérales créent le doute et le désarroi chez les producteurs », a dénoncé Djédjé Crépin. Affirmant que ce dont les paysans ont le plus besoin, c’est le soulagement de l’Etat.

La solution de l’ANAPROCAJOU

Pour une campagne 2014 sereine, l’ANAPROCAJOU recommande la mise en place d’un comité ad’hoc. Aussi, « souhaite-t-elle une approche participative des producteurs à tous les paliers de décisions concernant la filière ». Un vœu qui a peu de chances de se réaliser, à cause de la dispersion des producteurs. Dagou Djédjé Crépin a donc appelé ses collègues à l’union. « C’est à ce seul prix que la filière cajou, l’une des plus importantes filières agricoles, retrouvera la place de leader qu’elle n’aurait jamais dû perdre ».

Ossène Ouattara

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2 commentaires

  1. KOSSONOU Adou Kouamé

    Anacarde est devenu pétrole

  2. je pense que la cepici et le ministre de l,emploi doivent se pencher sur ces decisions on dit de creer des emplois pour les jeunes et on ferme la porte aux entrepreneurs que nous sommes effectivement les conditions de la nouvelle structure sont trop dur pourquoi ne pas permettre a toute entreprise d,aller a l,export quand elle veut comme au ghana pourquoi un delai de depot de dossier comme on etait a un concour saviez vous certain acheteurs viennent a peine d,avoir leur contrat pitié arretons de detruire le reve de ces entrepreneur qui ne veulent que le bien de cet pays cher a nous tous on va jamais arriver a l,emergence si on doit fermer la porte a d,autre personne

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