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Dimanche 27 mai 2018
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DOROPO : Une zone de non-droit ?

Image d'illustration (crédit photo: DR)

Image d’illustration (crédit photo: DR)

Le mercredi 23 décembre 2015, des voyageurs ont eu le malheur d’emprunter l’axe Bouna-Doropo-frontière Burkina. À environ 2 km de Varalé, non loin d’un check-point tenu par les forces de l’ordre, ils sont tombés sur des pirates (coupeurs) routiers déguisés en douaniers. Au nombre de 8, ces bandits armés de fusils d’assaut ont immobilisé leurs victimes de 14 h à 18h.

Le lendemain, une de leurs victimes porte plainte à la gendarmerie. Le portrait dressé des bandits présumés a permis l’arrestation de 6 individus, le 27 décembre. De lourds soupçons pesaient déjà sur ces derniers à cause de leurs mauvais antécédents. Mais surprise : ils sont relâchés le 31 décembre. Ils ont recouvré leur liberté après avoir payé de l’argent, et surtout sur intervention de personnes bien placées dans la région de Bounkani.

Pendant que le président de la République fait de la lutte contre le banditisme un combat acharné en dotant les forces nationales de moyens, des brigands, qui n’avaient pas hésité à tuer 2 gendarmes début 2015, sont arrêtés et relâchés dans le Bounkani. Les populations s’interrogent : « qu’est-ce qui se passe dans notre pays ? ».

À Doropo, les visages des hommes qui ont dépouillé les pauvres voyageurs sont familiers. Ils sont connus de tous, mais ne craignent rien. Comme l’impunité est criminogène, ces bandits ont fait encore parler d’eux, mardi 2 février 2016. Après l’axe Bouna-Doropo, ils se sont illustrés sur la route Bouna-Bondoukou. Cette fois, ils sont une dizaine à tenir en respect en plein jour, dans la localité d’Ansoum I (sise à 6 km de Bouna), tous ceux qui rentraient ou sortaient du chef-lieu de région. Se rendant à Abidjan vers 9 h, Sapel Hien Sié Paul a reçu une balle. Évacué en urgence, le jeune homme rendra l’âme dans un hôpital de la capitale économique, mercredi 3 février.

Le parc à bétail de Doropo a été attaqué, mercredi 10 février, aux environs de 14 h. Pendant plusieurs heures, bouviers et acheteurs de bœufs sont faits otages par les assaillants. Des sommes d’argent emportés. La ville du Commandant Issiaka Ouattara (Wattao) – importante figure du dispositif sécuritaire du pays – est soumise au diktat de dangereux hors-la-loi.

Dans l’extrême Nord-Est de Côte d’Ivoire, des pirates routiers sont mis aux arrêts, puis remis en liberté quelques instants après. Ils opèrent de jour et parfois à visages découverts. Mais ils sont nullement inquiétés. Personne n’ose dénoncer la réalité. De peur d’être victime de ces gangsters, qui ne passent pas plus de 2 jours en prison. Les populations vivent dans l’insécurité. Poussées à bout, ces populations pourraient un jour décider de se faire justice elles-mêmes. Ça sera l’anarchie !

CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE



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