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Vendredi 19 janvier 2018
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DINGBI (TABAGNE) : Humains et animaux boivent à la même source

Voici l'eau que boivent les habitants de Dingbi

Voici l’eau que boivent les habitants de Dingbi

Doit-on parler d’émergence quand des populations n’ont pas à boire un liquide aussi indispensable que l’eau potable ? Dans le pays profond, les réalités sociales sont loin des discours optimistes de la Présidence et autres bureaux luxueux des gratte-ciels d’Abidjan.

Dingbi, dans la sous-préfecture de Tabagne. Dans ce gros village au relief très accidenté, pas d’eau. L’explosion démographique a eu raison des pompes hydrauliques construites dans les années 1980. Conséquence, environ 5 000 personnes se rabattent sur un étang situé en contrebas. L’eau insalubre de ce petit barrage bâti sur un ruisseau qui s’assèche périodiquement ne sert pas seulement à la consommation humaine. Caprins et autres animaux domestiques s’en abreuvent. Et des années que la situation dure, au grand dam des populations.

Une marre remplie de feuilles mortes

Une marre remplie de feuilles mortes

L’eau, source de vie. Mais aucune vie ne peut provenir de la marre dans laquelle s’approvisionne tout Dingbi. A cause de la mauvaise qualité de l’eau. Devant cet étang boueux rempli de feuilles mortes, un visiteur s’interroge : « comment des humains arrivent-ils à boire un tel liquide ? ». Question légitime. En effet, ce village fait partie de la Tatawa, une ceinture de montagnes dans la ligne de mire de Taurian, la société indienne qui exploite les mines de manganèse, à quelques encablures de là.

A Dingbi, le manque d’eau potable s’ajoute à une longue liste de problèmes. Son relief accidenté en fait une zone difficile d’accès par voiture. Pas de routes. Ni électricité. Le temps a fini par avoir raison de la maternité construite depuis plus de 20 ans. Faute de sage-femme, elle tombe en désuétude.

Le barrage vu de loin

Le barrage vu de loin

Le cas de Dingbi, loin d’être unique. Cette localité fait partie d’un ensemble de villages qui n’ont jamais entendu parler d’émergence. Des populations oubliées du département de Bondoukou. Elles peuvent passer des mois sans voir ni entendre le bruit d’un seul véhicule. Des Ivoiriens du 21ème siècle si démunis. Qui, à la nuit tombée, éclairent leur maison au feu de bois comme au Moyen Âge. De tristes exemples à Kouassi-Kouman, Yao-Kokoroko, Amodi, Amoitini, Gbéréda, Dagboloyo, Savagne, Djobri, Wakiala… .

Le quotidien de ces villageois vivant à l’Ouest de Bondoukou ne semble pas connu du gouvernement. Ils accueillent très rarement élus (députés, Conseillers régionaux) et membres du corps préfectoral.

OSSENE OUATTARA



Contactez-nous par mail à redaction.infosduzanzan@gmail.com


One thought on “DINGBI (TABAGNE) : Humains et animaux boivent à la même source

  1. GBOKO KOUAKOU IBRAHIMA

    JE SUIS UN ÉTUDIANT EN ENVIRONNEMENT ET DES RESSOURCES NATURELLES. Je viens du village de BIRAOUDI; MES PARENTS ON D’ÉNORME DIFFICULTÉS; j’étais a BIRAOUDI le 01/09/15; NOUS N’AVONS QUE 2 pompes villageoises mais ces 2 pompes ne fonctionnent plus alors mes parents prennent des bassines pour allez dans un village voisin du nom de wakiala qui fait plus de 5 km pour aller chercher de l’eau. Aussi nous avons le problème d’électricité et nos 3 classes qui nous reste ne sont plus fréquentables je peut dire que nous vivons comme des moutons a Biraoudi car il arrive parfois que nos parents ne se lavent pas avant de dormir. CELA me fait beaucoup mal mais on a pas les moyens pour développer notre village ainsi que les villages environnants.

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