Dimanche , 21 octobre 2018
L'Édito

Des milliers de personnes formées au numérique et ses opportunités

L'étape de Bondoukou de la caravane ANSUT BlogCamp, le 28 mai 2018

L’étape de Bondoukou de la caravane ANSUT BlogCamp, le 28 mai 2018

Le gouvernement affiche sa volonté de rapprocher les citoyens de l’outil informatique. Depuis janvier 2018, il a initié un vaste programme d’information et de formation aux nouveaux métiers qu’offrent les Technologies de l’information et de la communication (TIC). Le but, susciter le désir d’auto-emploi chez les populations. Notamment les jeunes. Le travail a été confié à l’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT).

Pour toucher un grand nombre de personnes vivant à l’intérieur du pays, cette structure sous tutelle du ministère de la Communication et de l’économie numérique s’est appuyée sur des « geeks ». Ces derniers, regroupés au sein de l’Union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (UNBCI). Un autobus à disposition pour assurer leur déplacement et le transport du matériel de formation composé de centaines d’ordinateurs portables.

La codeuse Raïssa Banhoro explique le numérique à un apprenant d'un certain âge

La codeuse Raïssa Banhoro apprend à un homme d’âge avancé comment se servir d’un ordinateur

Pour la première phase du projet ANSUT BlogCamp, 5 villes (Ferké, Daloa, Béouni, Daoukro et San Pedro) ont été sillonnées. Environ 1.630 personnes ont été formées, du 4 au 23 janvier. Pour un objectif initial de 1.000 personnes. Signe que les populations y ont adhéré. La caravane, autour du thème de l’autonomisation des communautés par les TIC, a parcouru 2.025 km en 20 jours.

Jeudi 17 mai, lancement de la deuxième phase du blog tour. Jacqueville, dans le Sud du pays, a constitué la première étape. L’équipe d’une dizaine de formateurs s’est ensuite rendue à Korhogo, la grande ville du Nord. Le périple a continué à Bouna et à Bondoukou, dans le Nord-Est. Puis Gagnoa, Centre-Ouest. Lundi 4 juin, c’est la clôture à Dimbokro, capitale de la région du N’Zi, dans le Centre. Bilan plus que satisfaisant. En 18 jours, 2.671 personnes ont reçu une formation basique sur le numérique. Les modules ont porté sur le blogging et l’écriture Web, la cybercriminalité, la technique de production de contenu Web, les bases d’internet, la manière de devenir blogueur, les services et e-service de l’ANSUT.

La cérémonie de clôture de la deuxième phase de l'ANSUT BlogCamp à Dimbokro, le 4 juin

La cérémonie de clôture de la deuxième phase de l’ANSUT BlogCamp à Dimbokro, le 4 juin

Pour la plupart des apprenants, c’était la découverte de l’ordinateur. Plusieurs touchaient à un clavier pour la première. Jeunes comme personnes âgées. « C’est une formation profitable. Je suis venu vide à cette formation et j’en suis ressorti rempli », a affirmé Kpan Ernest, à Bouna, jeudi 24 mai. La joie du directeur régional de la Culture et de la francophonie ne contraste pas avec les objectifs du patron de l’ANSUT. « Si hier l’analphabète était celui qui ne savait ni lire ni écrire, l’analphabète d’aujourd’hui et de demain, c’est celui qui ne sait pas se servir de l’outil informatique. En initiant cette caravane, notre objectif est d’assurer une appropriation des TIC par l’ensemble de la population », a rappelé Soro-Kipeya Euloge. Un directeur général qui, face aux autorités administratives de Dimbokro, n’a pas caché sa satisfaction. « Ces 18 jours de caravane ont été 18 jours de succès. Tant pour toutes les personnes qui ont été formées que pour les formateurs », s’est-il félicité. Et d’ajouter que l’ANSUT facilite l’accès à des services numériques de qualité à moindre coût.

Relatant sa propre histoire, Engélo Boté (un des formateurs) a expliqué comment internet a suscité en lui la vocation de cordonnier de luxe. Parti de l’anonymat, il réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 70 millions de francs CFA grâce à la promotion de ses chaussures sur les réseaux sociaux. Surtout Facebook. « Tel tu vends ton produit sur internet, tel on l’achète ! », a-t-il conseillé. Aux jeunes, l’ancien étudiant en Gestion commerciale a appelé à être « fils de son temps ». C’est-à-dire s’approprier les opportunités qu’offre notre époque : le Web et les emplois qu’il crée.

Au milieu, Soro-Kipeya (gauche) et Bilé Diéméléou, respectivement DG de l'ANSUT et de l'ARTCI

Au milieu, Soro-Kipeya (gauche) et Bilé Diéméléou, respectivement directeurs de l’ANSUT et de l’ARTCI

Lui et ses camarades – le cyberactiviste Daouda Coulibaly, la codeuse Raïssa Banhoro (lauréate du Prix RFI challenge App Afrique)… – ont quelques semaines de repos. Avant de prendre à nouveau la route pour la troisième phase de l’ANSUT BlogCamp. Comme l’a promis Soro-Kipeya Euloge, à Dimbokro. Engagement pris devant son collègue Bilé Diéméléou, directeur de l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI).

OSSÈNE OUATTARA

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