Jeudi , 21 juin 2018
L'Édito

Bravoooo à l’AS Tanda !

Des supporters de l'AS Tanda au stade Ali Timité de Bondoukou

Des supporters de l’AS Tanda au stade Ali Timité de Bondoukou, samedi 10 septembre

Qui croyait ? À savoir que l’As Tanda, montée en Première division il y a 3 ans, marquera le championnat national de football de Côte d’Ivoire ? Qui a reconnu le mérite et la légitimité du titre de champion remporté l’année dernière par cette jeune  équipe, créée et  portée de bout de bras par Yoboua Kouabenan Cévérin ?

L’AS Tanda a poussé devant les grandes formations de football comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée. Cette équipe n’avait ni  notoriété ni palmarès pour attirer nos regards. Et son aspect n’avait rien pour nous impressionner.

Méprisé et abandonné des sportifs, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, les grands noms du football l’ont dédaigné, et n’ont fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos soupires qu’il a portés. Et nous l’avons considéré comme amuseur de la galerie parce qu’il ne saurait tenir tête aux ouragans ASEC et Africa Sport, avec leurs milliers de supporteurs.

Lui et ses joueurs étaient insultés et humiliés par notre dédain. Le châtiment qui nous donne la joie est tombé sur lui. Et c’est par les meurtrissures de ses joueurs et la saignée de ses finances personnelles que nous sommes guéris du passé stérile du Zanzan en trophée footballistique.

De Bondoukou à Bouna, de Koun-Fao à Nassian, de Transua à Sandégué et de Doropo à Tanda, la jeune génération âgée de moins de 30 ans était errante comme des brebis. Chacun de ces jeunes était accompagnateur des équipes d’Abidjan.  Chacun suivait sa propre voie pour être reconnu soit meilleur supporteur de l’ASEC ou de l’Africa, sans réel souci de bâtir, au plan local, de fortes équipes pour porter haut les fanions de la région de Gontougo.

L’AS Tanda a été maltraitée et opprimée sur les stades. Elle n’a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent. Même quand, en début du championnat 2016, le fondateur de l’équipe, Yoboua Kouabenan Cévérin plaida pour l’augmentation de la subvention aux équipes évoluant en Première ligue, la Fédération ivoirienne de football (FIF), l’a envoyé balader comme un malpropre. « Et l’affaire n’est pas allée quelque part », comme on parle trivialement à Abidjan.

Son dû légitime a été enlevé et remplacé par l’angoisse et le châtiment. Parmi ceux de sa génération, notamment les dirigeants de clubs, qui ont cru que le combat de l’AS Tanda était juste et méritait soutien et solidarité nationale ? Pas plus que les amoureux du football ivoirien. Or le député Yoboua Cévérin plaidait pour l’intérêt général, celui d’emmener la FIF à permettre aux clubs ivoiriens de mettre à la disposition des athlètes, des conditions meilleures pour arracher des médailles aux compétitions internationales.

Qu’il a bien tort – le pauvre – d’avoir eu raison très tôt, avant même le réveil de l’État de Côte d’Ivoire (s’étant ressaisi lors des récents Jeux olympiques), comprenant peut-être enfin que ce ne sont pas les élections présidentielles – organisées à la Bongo et Ping – qui servent de bonne publicité à un pays, mais la performance de ses athlètes et des compétences grises qui portent son drapeau. Yoboua Cévérin, livré à lui-même et à sa seule poche pour l’entretien de l’AS Tanda, a pu en sortir dirigeant à la carapace dure. Après avoir sacrifié ses économies au nom du Gontougo, il permet enfin au Zanzan d’inscrire son identité remarquable parmi les terroirs de production de beau football en Côte d’Ivoire.

À force de travail, le député-maire d’Assuéfry verra une postérité qui prolongera ses efforts. Non seulement dans le Zanzan, mais aussi et surtout au sein des petits Clubs de l’intérieur du pays. Car convaincu dorénavant de pouvoir prétendre au seul héritage utile (à l’exclusion de la Gay-pride) que Barack Obama peut se vanter (au moins) d’avoir laissé à la jeunesse africaine : Yes we can !

Le peuple de Gontougo rassasiera les regards du bâtisseur Yoboua Cévérin, au moment opportun. « Un vrai leader est autonome, il a le courage de prendre des décisions difficiles. Il a de la compassion pour ceux qui ont besoin d’être écoutés. Il ne cherche pas à être un leader, mais il le devient grâce à la qualité de ses actions et l’intégrité de ses intentions », affirme Douglas Macarthur. Dans le Gontougo, jamais de mémoire aucun fils n’a fait autant que Cévérin.

Yoboua Céverin, président de l'AS Tanda, en conférence de presse après le sacre de son équipe

Yoboua Céverin, président de l’AS Tanda, après le sacre de son équipe

C’est vrai qu’avant lui, le Sacraboutou sport de Bondoukou a procuré du plaisir intense à la vieille génération. Mais aucun mécène n’a su à la fois combler la région en infrastructures (écoles, dispensaires, marchés couverts, soutiens aux femmes et aux jeunes) et hisser haut l’image de tout un territoire à la première place dans le gotha du football national. Et ce, 2 années ans d’affilé. L’Expert-consultant de toute l’histoire de l’humanité pouvait dire : « Par sa connaissance, mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes. Il jouira du travail de son âme, il en sera rassasié. C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands. Il partagera le butin avec les puissants ». Puis à Pathman Senathirajah de poursuivre : « si vous n’avez pas surmonté suffisamment d’obstacles, vous ne serez jamais capable de diriger ». Et Claude Onesta de conclure que « l’objectif n’est pas la médaille, c’est le chemin emprunté pour y parvenir. La victoire n’est que la conséquence d‘un parcours réussi ».

Dans le cas de Yoboua Cévérin, il utilise ses ressources personnelles pour bâtir des villages. Pourtant, son poste de député n’est pas doté de budget. Le président de l’AS Tanda ne puise pas dans les caisses d’une administration publique. Son comportement le hisse de loin à un stade d’intégrité qui doit servir de modèle à une jeunesse qui a trop longtemps assisté aux détournements de deniers publics. À travers le comportement exemplaire du patron des nouveaux champions, on peut dire que voler l’argent public n’est pas la solution pour un cadre pour poser quelques actes de développement dans sa région. John C. Maxwell clôt le débat en donnant une définition du leadership : « La crédibilité d’un leader débute avec son succès personnel. Elle se renforce avec sa capacité à aider d’autres personnes à atteindre le succès personnel ».

Auréolés de 2 titres de champion de Côte d’Ivoire, les joueurs peuvent se laisser infecter par le virus de l’orgueil. « Savoir que l’on a encore beaucoup à apprendre est un signe d’intelligence. Affirmer que l’on sait tout est une déclaration d’imbécilité », enseigne sagement Paul Rousseau. Cela dit, il faut respecter ceux qui ont vécu. Et surtout, ceux qui ont vécu sainement. Salutation aux athlètes et à leurs encadreurs !

DAPA DONACIEN, Juriste-Consultant en Marchés Publics. E-mail : dapadonacien@yahoo.fr

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2 commentaires

  1. L’A.S.Tanda a honoré toute une région : le Gontougo, voire toute un district : le Zanzan par la seule volonté et générosité légendaire d’un seul homme : l’honorable et distingué député-maire d’Assuéfry, monsieur YOBOUA KOUABENAN CEVERIN, appelé affectueusement dans le milieu sportif par le nom du richissime, généreux et mécène soviétique : ABRAMOVITCH. Puissent DIEU et tous nos ancetres du Zanzan le protéger et l’aider à accomplir sa mission pour le bonheur de sa région, de ses parents, de ses amis, de ses concitoyens, d’autrui, et en un mot de ses semblables…

  2. Encore une fois bravo à l’équipe de l’AS Tanda qui fait aujourd’hui la fierté de la région du Gontougo.Tanda est honoré grâce à un digne fils d’Assuéfry très dynamique et ambitieux en la personne de l’honorable YEBOUA CEVERIN Président de l’ AS Tanda.Encore une fois merci à toute l’équipe sans oublier les encadreurs.Que Dieu veille sur l’AS Tanda et tous ses supporteurs.

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