Mercredi , 18 octobre 2017
L'Édito

BOUNA : Le bouvier revient braquer le vendeur chez qui il avait acheté 35 bœufs

troupeau-de-boeufs

Un commando d’environ 10 personnes, lourdement armées, a attaqué un campement près de Lomidouo (département de Bouna), au petit matin de mercredi 28 décembre, veille de fête de fin d’année. Les gangsters présumés ont emporté plus de 40 millions de francs CFA et des centaines de bœufs. Des informations concordantes ont fait état de ce que ces bandits sont des bouviers revenus braquer Noufé Benlaré, riche éleveur, chez qui un des leurs avait acheté 35 bœufs, quelques jours plutôt.

C’est à bord de motos que les visiteurs indélicats, tous enturbannés, sont arrivés dans le campement. Ils se sont fait conduire chez Noufé Benlaré. Devant ce vieil homme, un des bandits a eu l’imprudence de lâcher, sous la menace de son arme : « remets-moi l’argent des 35 bœufs achetés avec toi ! ». L’éleveur de bétail oppose une résistance. Une balle est tirée dans son pied gauche. Suivi d’un coup de massue sur la tête. Affaibli, le riche fermier indique l’endroit où il cache son argent. Mais la chance sera de son côté. Dans la précipitation pour mettre la main sur le magot, le turban d’un des agresseurs tombe. Le vieil homme reconnaît le visage. C’est celui du Peulh qui lui avait acheté du bétail (35 bovins), quelques jours auparavant.

Battant en retraite après s’être emparés de plus de 40 millions de francs, les voleurs ont mis le feu aux habitations. Ils ont ensuite opéré un dernier coup que seuls des professionnels de l’élevage de bovins oseraient faire : des centaines de bœufs de leur victime sont emportés.

Sur plainte de Noufé Benlaré, admis à l’hôpital général de Bouna pour des soins, l’ « acheteur-braqueur » est mis aux arrêts par la gendarmerie. La hantise du vieux, c’est de voir son bourreau qu’il a « formellement identifié » remis en liberté. Le chef de Lomidouo affirme avoir saisi le Conseil régional de Bounkani sur cette agression. Les responsables de la collectivité territoriale se seraient pour l’heure contentés de prendre acte.

Les populations des zones rurales doivent être éduquées sur les dangers à garder d’importantes sommes d’argent dans les cases. Le malheur du vieux Benlaré, loin d’être un cas isolé. Ce sont souvent des incendies qui emportent en quelques secondes les fruits de plusieurs années de travail.

OSSÈNE OUATTARA

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