Mercredi , 18 octobre 2017
L'Édito

BOUNA : Aussi, terre des Camara, Diabagaté, Ouattara, Coulibaly, Cissé…

À Bouna, les noms autochtones koulangos ont été « happés » par des noms malinkés comme Camara, Diabagaté, Ouattara, Coulibaly, Cissé… . A quoi est due cette « colonisation » ? Interrogeons brièvement l’histoire de la présence de ces deux peuples, dans la région !

El Hadj Saliou Camara, chef des Camara de Bouna

El Hadj Camara Soualio, chef des Camara de Bouna

Les Koulango

Considérés comme propriétaires terriens, les Koulango ont pour ancêtres les Lorhon, premiers occupants de la région. Ces derniers seraient venus de l’ouest de Korhogo ou de Saye, une localité située à environ 50 km de Bouna.

Les Koulango font partie du grand groupe voltaïque ou Gour. Ils constituent un des premiers courants migratoires partis du nord vers le sud (de Bouna à Tanda). Du fait de sa conversion massive à l’islam, le peuple – animiste à l’origine – a été « happé » par la culture mandé-dioula. L’adoption collective de nouveaux noms, une des manifestations de la perte de son identité culturelle. Le nom Ouattara, qui semble signifier « ceux qui ont la force », appellation la mieux partagée. Voilà qui explique pourquoi, dans le Nord-Est (Bondoukou, Bouna, Tanda, Transua,…), le prénom « Ouattara » s’adjoint à des noms tels Kouassi, Kouman, Kouadio,… De sorte à voir plusieurs personnes s’appeler Yao Ouattara, Kouakou Ouattara, Kouman Ouattara, etc. Un mélange de nom et prénom(s) « akan-malinké » susceptible de créer la confusion. D’où cette question récurrente qui taraude l’esprit de plus d’un, dans le Sud du pays : « comment un Yao peut s’appeler Ouattara ?« . Le voile est levé !

La conversion à la nouvelle religion a eu pour corollaire l’abandon des cultes anciens : les fétiches. Le style vestimentaire n’a pas échappé au changement des habitudes. Le « kohôra » (tenue vestimentaire traditionnelle) laisse progressivement place au « déléguéba » (gros boubou).

Les Malinké

La présence des Malinké date du 16ème siècle. Originaires pour la plupart du Mandé (Haut-Niger), de Begho (Ghana), ou de la région de Kong, ils viennent par vagues successives et s’installent dans le royaume de Bouna. Cet espace a accueilli, par ordre d’arrivée, les Camara, les Diabagaté, les Ouattara, les Coulibaly, les Cissé, etc. Avant la formation du royaume, ces sous-groupes du grand ensemble malinké ont été précédés par les Ligbi, Numu, Gbané et Grafouté.

A l’époque précoloniale, les Malinké font doublement de Bouna un haut lieu de la culture islamique et important carrefour commercial. La ville, point de transit de diverses marchandises venant de Djenné, Kong, Mopti, Bobodioulasso, Koumassi, Salaga.

L’imam est le chef de la communauté musulmane. Exercé à l’origine par les Camara, l’imamat est aujourd’hui exclusivement assuré par les Cissé, une famille de grande renommée.

Du fait de leurs activités essentiellement commerciales, les Malinké optent très tôt pour la vie urbaine. Ils créent de gros quartiers. A Bouna, existent des zones de peuplement comme Ouattarasso, Camarasso, Kardioulasso,…

Koulango et Malinké ont toujours cohabité harmonieusement. Les mariages entre ces deux communautés, un des nombreux exemples.

OSSÈNE OUATTARA (Avec la collaboration du site culturel rezoivoire.net)

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