Samedi , 18 août 2018
L'Édito

BOUNA : 2 femmes en prison pour mauvais voisinage

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Image utilisée à titre d’illustration

Quand elles sortiront de prison, ces femmes de 28 et 37 ans apprendront à entretenir des rapports de bon voisinage. À moins que S.É. et S.Y. décident, chacune, d’aller vivre ailleurs. Ces célibataires, qui partagent une cour commune située au quartier Dassikélédougou, ont été condamnées par le tribunal à une peine d’emprisonnement ferme d’un mois pour violences et voie de fait. C’est suite à une bagarre survenue le mois passé.

Dans la cour commune, les relations entre les 2 voisines n’étaient plus au beau fixe. Depuis plusieurs mois, elles se boudaient. Les tentatives de conciliation entreprises par des amies et les autres voisins n’ont rien donné. S.É. et S.Y. persistaient dans l’antipathie.

Matinée du 23 février. Chacune des 2 voisines faisait la cuisine devant sa porte, sur un fourneau aux braises de charbon de bois. Entonnant une chanson aux paroles railleuses, S.Y. lance des piques. La réplique de S.É., dont la sauce mijotait au feu, est immédiate. Par des proverbes empruntés à l’espace métaphorique des singes – entrecoupés de rires narquois de gamins témoins de la plaisanterie de mauvais goût – elle répond aux piques de sa voisine. Il n’en fallait plus pour blesser l’adversaire dans son amour-propre. Dans sa rage, S.Y. se jette sur S.É. et la culbute (plaque sol). Une lutte acharnée s’engage entre les 2 femmes tout près de la sauce bouillante. Chacune, décidée à en découdre avec l’autre.

Dans leurs mouvements, les bagarreuses heurtent le fourneau incandescent. La soupe chaude se renverse sur la cuisse droite de S.Y. Les cris de douleur de la pauvre signent sa défaite. Fin de la lutte. La suite sera réglée à la justice où une des protagonistes a porté plainte.

Devant le juge, S.Y. a affirmé avoir entonné une chanson chrétienne. Non pour injurier, mais « évangéliser » sa voisine qu’elle dit vivre dans « les ténèbres ». Pour le magistrat, manière « démoniaque » de prêcher la « bonne nouvelle ». Il a condamné S.Y. à une peine de prison ferme d’un mois. En dépit de sa grosse brûlure. Cette privation de liberté est assortie d’une amende de 50.000 francs CFA. Même sentence pour l’autre querelleuse.

KAMAGATÉ ABOU

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