Mercredi , 13 décembre 2017
L'Édito

BONDOUKOU : Le Bureau régional du Conseil du coton et de l’anacarde pris d’assaut par des jeunes mécontents

Les manifestants en pourparlers avec des gendarmes

Les manifestants en pourparlers avec des gendarmes

Chaude journée, hier jeudi, pour la Délégation régionale du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA). Le délégué Sory Bamba a essuyé l’ire de la jeunesse communale et du Mouvement pour la renaissance de Bondoukou (MOREB).

Les manifestants ont procédé à la fermeture du Bureau dont ils accusent le chef de « connivence » avec ceux qui organisent la fuite des noix de cajou vers le Ghana. « La Délégation est chargée de la régularisation, du suivi et du développement de la filière anacarde dans notre région. C’est à elle de mettre un système en place pour empêcher la fuite du produit. Malheureusement, les noix nous échappent et se retrouvent au Ghana voisin. La Délégation a échoué dans sa mission », a expliqué Kouakou Elvis, président de la jeunesse communale. Cri de colère qui intervient 3 jours après la rencontre initiée par la représentation du CCA avec des acteurs de la filière afin de trouver des solutions à l’exportation frauduleuse. Les autorités préfectorales ont promis jouer leur partition. La manifestation d’hier a donc surpris plus d’un. Recevant les jeunes, Kamenan Kré Etienne, secrétaire général de la préfecture, a dit remonter les préoccupations à ses supérieurs hiérarchiques. Aucune solution concrète n’a été trouvée.

Le secrétaire général de la préfecture a promis remonter les préoccupations à ses supérieurs

Le secrétaire général de la préfecture a promis remonter les préoccupations à ses supérieurs

Pour certains, les manifestants ont eu tort de s’en prendre au représentant local du CCA. Estimant que c’est aux forces de sécurité (gendarmes, policiers, militaires…) qu’incombe la surveillance de la frontière. Justement, le jeudi 23 février, le délégué a eu un entretien avec les chefs de commandement des forces de sécurité. Motif : freiner la fuite de l’anacarde. « Nous avons organisé cette réunion pour exhorter les forces de sécurité à nous aider à empêcher la fuite du produit qui n’a que trop duré », avait déclaré Sory Bamba. Des opérateurs de la filière étaient présents.

À noter que c’est souvent la nuit que les trafiquants opèrent. D’où des soupçons de complicité des gardes-frontières. Les camions qu’ils arrêtent sont vite restitués aux propriétaires avec leurs contenus, selon des sources. Une impunité qui fait la part belle aux accusations.

Ces tricycles chargés d'anacarde ont été arrêtés ce 3 mars à 2 heures, peu avant Soko, près de la frontière ivoiro-ghanéenne

Ces tricycles chargés de cajou ont été arrêtés ce 3 mars à 2 heures, peu avant Soko, près de la frontière ivoiro-ghanéenne

Beaucoup légitiment la fuite du produit au Ghana en évoquant les meilleurs prix d’achat qui y sont pratiqués. Mais attention au piège ! Ce n’est pas le producteur lambda qui prend le risque, malgré l’interdiction, de vendre ses noix de cajou de l’autre côté de la frontière. Mais des acheteurs cupides qui voudraient empocher d’énormes bénéfices. Aux paysans, ils achètent le produit au montant pratiqué en Côte d’Ivoire. Ensuite, ils vont au Ghana où la demande est forte pour revendre les noix au double du prix d’achat. Ce pays voisin n’est pas grand producteur de cajou, comparé à la Côte d’Ivoire. Voilà une des raisons de la disparité des prix entre les 2 États !

OSSÈNE OUATTARA  

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