Jeudi , 16 août 2018
L'Édito

BONDOUKOU : La première case, « témoin vivant » de l’histoire de la création

Pour le moment, la 1ère case continue à témoigner de l’histoire ancienne de la plus grande ville du Nord-Est ivoirien. Avec sa petite taille, au milieu de grandes bâtisses, elle n’a rien perdu de son caractère traditionnel. Mais, pour combien de temps encore résistera-t-elle aux méfaits de la civilisation ?

La toute première maison de la ville de Bondoukou

La toute première maison de la ville de Bondoukou

La 1ère case de Bondoukou résume à elle seule l’histoire ancienne de la ville. Elle est à la fois le point centrifuge (tout part d’elle), et la force centripète (tout revient à elle).

La maison « ancestrale » serait la propriété des Gbin, les premiers habitants. Ce peuple, animiste par essence, et aujourd’hui minoritaire en raison de l’islamisation outrancière de la ville, est le dépositaire des vieilles traditions de Bondoukou. Il habite le centre-ville, dans le sous-quartier « Gbinbèni » de Donzosso. Le gbin ou « zôrôgô », la langue originelle – qui « n’est parlée que par des initiés » – est happée par le koulango, et les langues satellites : abron, nafanan, lobi, … Les Gbins parlent aujourd’hui le koulango.

Tabri Adrê, fondateur de Bondoukou ?

Dans un entretien, l’actuel chef gbin, Kouakou Yao Dabila, a relaté l’histoire de Bondoukou en partant de celle de la case. Son propriétaire est Tabri Adrê, « qui n’a jamais dit à ses enfants d’où il est venu pour fonder Bondoukou ». Avec le temps, cette maison a revêtu un caractère sacré, et fait objet de culte. Les Gbins n’y entrent qu’une fois dans l’année. Pour y faire des sacrifices, à une date gardée secrète. Mais on parle du 25 décembre de chaque année. Ce sacrifice annuel a pour but d’épargner la ville des malheurs de tous ordres.

Le chef des Gbins, Kouakou Yao Dabila

Le chef des Gbin, Kouakou Yao Dabila

Bien que « Bondoukou » soit le vocable sous lequel on désigne la capitale du Nord-Est de Côte d’Ivoire, le village fondé par Tabri Adrê ne portait pas ce nom, à l’origine.

Le nom « Goutougo » – pour désigner Bondoukou dans les langues du terroir – est, selon Yao Dabila, une déformation phonétique de « gon tou go ». Littéralement, « le meilleur est à venir ». Le fondateur aurait prononcé cette phrase en réponse à ses fils qui lui ont demandé d’abandonner la case pour s’installer ailleurs.

Pour les Gbin, ce qu’est devenu Bondoukou donne raison à leur ancêtre Tabri Adrê. En disant « gon tou go », la petite case est devenue un campement. Puis un village. Ensuite une ville qui s’étend à perte de vue.

La 1ère maison de Bondoukou manque d’entretien. D’après le chef de la minorité gbin, toutes les promesses de protection faites par le ministère de la Culture et les autorités de la ville sont restées lettres mortes.

À noter que les avis divergent sur le nom du « vrai » fondateur de Bondoukou. Les Nafanan revendiquent la paternité de la ville aux « mille mosquées ».

OSSÈNE OUATTARA 

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5 commentaires

  1. Il ya trop de débat sur l’histoire de cette case. Pour ceux comme moi qui connaissent BONDOUKOU et qui ont vu cette petite maison dans son passé assez récent, ils vous diront qu’elle n’est pas la première mais qu’elle fait partie des premières cases. Ce n’est que Sous le maire YAYA OUATTARA qu’elle a été baptisée  »première case ». Cette case est la maison du fétiche appelé  »GOVOU ». Il y’avait un aigle séché accroché au mur. Et TABRI ADRE en était l’adorateur. Par contre la vraie première case symbole a été détruite pour permettre de procéder au lotissement, à l’agrandissement et faciliter l’urbanisation de la ville. Elle était sans porte et n’abritait que des éléments symbole de l’alliance qui a permis la création et la cohabitation des peuples sur le sol aride et giboyeux de BONDOUKOU…

    • il n’y a pas de débat sur l’histoire de gbindoukou le vrais nom à l’origine qui veut dire bondoukou en Français et gbin signifie « bon » et doukou signifie village . Bondoukou a été fondé par le peuple gbin entre le 9ème et le 12 ème siècle par l’ancêtre Kampti venu du Nord de Ghana actuel et même son frère Doropo a fondé la ville de doropo actuellement habités par les gbin en minorité et dagaras en majorité et bien d’autres peuples alliés. donc arrêtez de détourner l’histoire à votre faveur car l’histoire d’un peuple ce n’est pas un jeux où chacun vient raconter sa vie .

  2. Salut j’ai lu l’éditorial et je suis vraiment ravi mais je voudrais aussi étudier cette langue mais je cherche un interlocuteur (qui parlerait au moins quelques mots GBIN) qui pourrait bien m’aider comprendre la structure de la langue. Je suis disponible sur le 58333961

  3. J’aimerais savoir qui des gain, nafana et Loro(ancêtre des koulango est le vrai fondateur de la ville)

    • les Gbin sont les seuls et uniques fondateurs de la ville et c’est le peuple le plus ancien dans cette localité . ils sont venus du Ghana entre le 9 ème et 12 ème .que les gens arrêtent de semer la confusion dans la tète des gens car on ne peut pas inventer l’histoire . ils sont venus envahir les gbin sur leur terre ça ne leur fait pas les fondateurs . donc mon frère soit tranquille les sont les fondateur absolus .laissez les gens raconter leur vie même les nafanas qui se réclament propriétaires sont arrivés entre 16 ème et le 17 ème siècle .

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