Samedi , 19 août 2017
L'Édito

BONDOUKOU : Des cadres désavoués par le nouveau Premier ministre

Amadou Gon Coulibaly, nouveau Premier ministre depuis le 10 janvier 2017

Amadou Gon Coulibaly, nouveau Premier ministre depuis le 10 janvier 2017

Un ami m’avait dit : « chez nous en Afrique noire, si tu te bats seul pour réussir, des personnes que tu n’as jamais vues se présenteront à toi pour dire qu’elles sont tes oncles ou neveux, tantes ou cousins, etc. Il ne serait pas étonnant que certaines parmi elles affirment avoir joué un quelconque rôle dans ta réussite et te demanderont, d’une manière ou d’une autre, ta gratitude. Les prétextes ne manqueront pas à ces inconnus pour te rendre visite à domicile ». En effet, dans la soirée du mardi 10 janvier, les alibis n’ont pas manqué à un groupuscule de cadres de Bondoukou pour frapper à la porte de la résidence d’Amadou Gon Coulibaly. Ce dernier venait d’être fraîchement nommé nouveau Premier ministre.

Conduits par le ministre Yaya Ouattara et le Grand médiateur Lamine Ouattara, la présence de ces cadres chez Gon Coulibaly, après une première tentative infructueuse, avait une raison officielle : le « féliciter pour sa nomination » et « formuler des bénédictions » pour qu’il réussisse sa nouvelle mission. Est-ce pour cela que les doyens Yaya et Lamine – avec le reste de la délégation – ont patienté de longues heures avant d’être reçus tard dans la nuit (23 heures) par le nouveau chef du gouvernement ? Il faut être naïf pour donner du crédit à ce motif. Kablan Duncan, prédécesseur de Gon Coulibaly, n’avait pas eu droit à la même visite de ces « distributeurs de bénédictions » lorsqu’il fut nommé successivement chef de gouvernement.

La délégation est allée exprimer une vieille demande au Premier ministre. Doléance légère qu’un fétu de paille : la nomination d’un natif de la ville de Bondoukou dans le gouvernement alors en attente. Voilà la raison officieuse de la visite ! C’est-à-dire les non-dits de la rencontre.

L’argument qui sous-tend cette demande ne pèse rien du tout : « depuis que le président Ouattara est au pouvoir, jamais un fils ou une fille de Bondoukou nommé(e) au gouvernement », disent et répètent en chœur certains cadres. La venue de Gon Coulibaly est perçue comme une aubaine pour réparer l’ « injustice ». Ce nouveau Premier ministre est considéré comme « fils de Bondoukou » en vertu de son union maritale avec une fille de cette ville. Au 21ème siècle, de tels arguments sont encore brandis pour réclamer une place dans un gouvernement.

L’épouse de monsieur Gon, une Bamba du quartier Koko de Bondoukou, a de quoi rire de la démarche opportuniste de ses « parents ». Elle qui n’a jamais fait objet d’autant d’égards de leur part alors qu’elle est adjoint au maire à Anyama. Et pas sûr d’ailleurs que ces cadres aient connaissance qu’une des leurs occupe ce poste de conseillère municipale depuis des années.

La nomination d’un natif de Bondoukou au gouvernement changerait quoi aux réalités de cette ville ? Rien. Quelle gloire particulière la « ville aux mille mosquées » a à tirer de la nomination de ses cadres à des postes ministériels ? Les réalités sociales dans les localités « représentées » au gouvernement depuis des années n’ont pas amélioré. À Bouna, l’eau potable est un luxe. Des villages ne communiquent pas entre eux, faute de routes les reliant. Pourtant 2 de ses cadres sont ministres depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara. Le Bounkani est une des régions dont les enfants dirigent de grands Établissements publics nationaux (EPN). Des hauts fonctionnaires incapables de se cotiser 500.000 francs CFA pour faire réparer des pompes hydrauliques abîmées depuis des lustres et donner à boire aux villageois. Le député de Tanda totalise à lui seul plus d’années de présence au gouvernement que Gbagbo et Alassane réunis n’ont passé de temps à la tête du pays. Sous le président Houphouët, le doyen Yaya Ouattara fut ministre de la Jeunesse et des sports, puis des Affaires sociales. C’est dire que Bondoukou avait aussi « ses » ministres. À chacun d’apprécier le rôle quelconque qu’ils ont joué dans le développement de la ville.

Dans la gouvernance moderne, la distribution des postes ministériels n’obéit pas à des critères d’équilibre urbain ou ethnique. Les temps ont changé. Le nouveau Premier ministre, à la fois surpris et embarrassé par la doléance de ses hôtes, n’a pas su quoi répondre de concret. « Merci pour tout ce qui a été dit. Mais vous savez que la tâche ne sera pas facile… Merci pour vos bénédictions…Sur le plan technique, vous pouvez faire confiance à votre fils, à votre frère ! Mais la technique seule ne suffit pas. Merci pour cette rencontre familiale, merci pour avoir effectué le déplacement ! », a marmonné Amadou Gon. La majeure partie de son intervention a tourné autour de ses longues années d’amitié avec Alassane Ouattara. Comme pour dire que le ministre, ça travaille pour toute la République.

D’ailleurs en faisant le calcul sur la base de la représentativité des villes ou des régions, le Zanzan doit se réjouir d’avoir 4 de ses enfants au gouvernement. À moins qu’on dise que Siandou Fofana, Kobenan Adjoumani, Kaba Nialé et Kambilé Sansan ne sont pas de cette region. Que diront les localités du pays qui n’y ont aucun « représentant » ?

Nos « intellectuels » n’ont d’yeux que pour les postes ministériels, à cause des honneurs. En courant après ces fonctions, ils passent à côté du plus important. Face au Premier ministre Gon Coulibaly, ils ont montré leur limite à réclamer l’essentiel. La délégation conduite par les doyens Yaya et Lamine aurait pu plaider l’accélération des projets en cours à Bondoukou ou le démarrage de ceux promis, dans l’intérêt de tous : le bitumage de la route allant jusqu’à la frontière ghanéenne, la construction de l’université…

Cette fois encore, c’est raté pour le groupuscule de cadres à la démarche exclusive ! Ils devront attendre la formation du prochain gouvernement : verront-ils, peut-être, un des leurs nommé ministre. La situation risque de demeurer pareille s’ils n’incluent pas ceux ou celles qui sont ministrables. C’est-à-dire ceux ou celles, dans leur sphère de compétence, ont prouvé qu’ils ou elles sont de bons gestionnaires. Au président de la République alors de les nommer ou pas. Dans l’attente, l’Imam Timité Kolonga a besoin d’eux à son chevet. Ce respecté guide religieux est interné à la PISAM depuis des mois pour cause de maladie.

OSSÈNE OUATTARA

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6 commentaires

  1. Je viens vous féliciter pour l’article très bel article dans le fond et la forme:
    Un article de qualité.
    Je voudrais remercier mes chers « papas » pour l’initiative,elle est bonne, mais ne vous rabaissez plus jamais.
    À tous les postes on peut servir son pays, et soyez fiers de la nouvelle génération que nous sommes car nous allons vous faire honneur en hissant le nom du Zanzan tres haut en côte d’Ivoire et surtout à l’extérieur.

  2. Quand on est journaliste on ne rapporte que les faits chers frère on ne vous a pas reçu à 23h mais plutôt à 16h… même le premier ministr était sur les lieux à 15h35 aucun cadre n’a revendiqué de poste ministériel.
    Et nous sommes juste allé le remercier ce qui n’est pas une première

  3. Monsieur Mahama,

    Merci de nous lire. Si vous avez été reçus à 16h comme vous le dites, c’est que la rencontre dont notre article a fait écho est différente de la vôtre.

    Bien à vous,

  4. Je voudrais pour ma part remercier le frère Osseine Ouattara pour son article qui s’il est vrai que nos pères (Lamine Ouattara et Yaya Ouattara) ce sont associés à une telle aventure pour réclamer ou quémander un ou des postes ministériels au nom de Bondoukou ou au nom des fils de Bondoukou serait une véritable forfaiture.
    En effet, il est tant que l’on nous explique ce que renferme le therme « cadre ». Est-ce la phanfaronnade ou autre chose? Qu’on nous le disent. Car un groupuscule ne saurait être un échantillon représentatif de tous les cadre de Bondoukou.
    Qui a t-on consulté avant cette rencontre?
    Ont ils été mandaté pour parler en notre nom à tous?
    Avons nous obtenus nos différents postes de par nos qualités et valeurs intrinsèques ou par complaisance et copinage? Qu’on nous le disent.
    Alors qu’on arrête de nous jeter le discrédit et la honte là où on parle de jugement de valeur.
    À bon entendeur, juste mon avis…

  5. Après m’être renseigné et obtenu des informations très crédibles de personnes dignes de foi et ayant pris part à la dite rencontre, je voudrais faire mon méa-culpa en présentant toutes mes excuses à la délégation de Bondoukou partie saluer le nouveau Premier Ministre.
    En effet, je pense avoir été induit en erreur par l’article très partisant de la voie du zanzan qui n’a pas rendu compte compte comme il le fallait. Car en journalisme  » les faits sont sacré et le commentaire est libre ». Rendez les faits et les commentaires suivront.
    En tout cas, je suis vraiment désolé pour ma prise de position un peu précipité.
    Juste moi pour mes aînés.

    • J’étais entrain de me demander s’il était necessaire ou utile de réagir après avoir pris connaissance de cet article ,tellement il est dédaigneux. Mais je le fais parce que toute personne éprise d’honnêteté de justice’ ,toute personne qui a la crainte de DIEU doit être toujours prête à lutter contre tout mensonge, surtout lorsqu’il esst dit dans le but de blesser ,salir ,ridiculiőser ,détruire son prochain, son frère . Petit frère, le temps que tu t’es accordé et les mots utilisés pour écrire cet article montre très bien que tu as un souci qui te ronge,qui te fatigue, relatif à la classe upolitique et à un groupe de population bien précis de ta région. Tu leur en veux tellement, que tu t’es senti obligé de fabriquer un tissu de mensonge pour les salir et salir le Premier ministre et son épouse parce que leur comportement n’ apas été celui de ton article, tout comme celui des cadres qui les ont visités. Ton artcle est plein de contrevérités . Tu as fait du faux. Et puis ,si même c’était le cas,quel est toi ton problème? Depuis quand la fontion de ministre s’obtient par concours ,par examen? Qu’un groupscule veuille se battre pour que l’un de leur frère ou l’une de leur soeur puisse occuper une aussi haute fonction de l’Etat , ça fait quoi? Pourquoi cela doit t’empêcher de dormir ou de respirer?En quoi ces frères et soeurs sont moins méritants? Petit frère ,j’étais aussi à ce rendez-vous dont le seul objet était de féliciter l’époux de notre soeur cousine nièce tante amie etc qui venait d »être nommé « Premier ministre de la Côte d’ivoire. Tu vois un mal à celà? Tu as dû certainement le constater, le groupuscule en question n,a pas visité tous les ministres nouveaux et reconduits , il n’a visité que l’époux de notre soeur. Sans rancune. A bientôt

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