Samedi , 19 août 2017
L'Édito

« À Bondoukou, les cadres arrivent à s’entendre sur le minimum indispensable au progrès régional »

Maïzan Koffi Noël parle de son engagement politique au RDR, après avoir « flirté » avec le FPI par le truchement de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Sa jeunesse n’a pas eu raison de la grandeur de ses ambitions professionnelles. Il dirige le Fonds de garantie automobile (FGA), après des détours dans l’imprimerie, le négoce, au ministère de l’Agriculture, à la Société ivoirienne de construction et de gestion immobilière (SICOGI). C’est un homme qui croit en l’avenir de sa région, avec Alassane Ouattara.

Maïzan Koffi Noël dit croire en l’avenir de sa région avec le président Ouattara

Maïzan Koffi Noël dit croire en l’avenir de sa région avec le président Ouattara

Monsieur le directeur, le Zanzan est doté d’un média, à l’image de la France où des régions ont leur presse locale. Connaissez-vous le site infoduzanzan.com ?

Bien sûr. Info du Zanzan est un journal en ligne que je consulte régulièrement.

Quelles sont vos impressions sur ce média ?

Franchement, c’est une bonne chose que ce média existe. Il relaye la plupart des informations du Zanzan. Qu’elles soient sociales, économiques, culturelles, politiques. Je voudrais encourager les initiateurs de ce site d’informations. Qu’ils continuent à faire écho de ce qui se passe chez nous !

De quelle localité du Zanzan êtes-vous le cadre ?

Je viens de Pinda-Boroko, dans le département de Bondoukou.

Décrivez-nous votre trajectoire professionnelle

En 2000, j’ai décroché une maîtrise à l’université d’Abidjan. J’ai ensuite continué en France pour un diplôme d’ingénieur en management de la qualité totale. Je suis retourné en Côte d’Ivoire en 2005. Avant de me rendre dans l’Hexagone, j’ai eu la chance de travailler à ROTOCI : une imprimerie située en zone industrielle de Koumassi. À mon retour de France, j’ai intégré une entreprise de négoce aux côtés du ministre Adama Bictogo. Puis je suis allé au ministère de l’Agriculture. Amadou Gon Coulibaly était alors le premier responsable. La SICOGI m’a accueilli en tant que directeur des Opérations. Depuis août 2014, j’exerce les fonctions de directeur général du Fonds de garantie automobile.

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Vous semblez jeune, monsieur le directeur !

Je ne me considère pas jeune. Je suis dans une situation intermédiaire : ni trop jeune ni trop âgé. Le plus important, c’est de bien accomplir la mission qui m’a été confiée.

On vous sait militant du RDR. Comment êtes-vous entré dans ce parti ?

Mon engagement au RDR est une longue histoire. À l’université, j’ai eu à flirter avec la FESCI. Tout le monde sait que ce syndicat d’étudiants est inféodé au FPI. À l’arrivée du RDR, j’ai tourné le dos au FPI. Ce choix a été guidé par la personnalité du président Ouattara. Par la suite, mes ennuis familiaux ont commencé. Ma famille comprenait mal qu’un jeune abron milite au RDR, et non au FPI ou au PDCI. Humblement, j’ai participé à tous les combats que le RDR a menés. Quand on voit aujourd’hui comment le président Ouattara transforme le pays, je ressens la fierté d’appartenir au RDR. Je me réjoui d’avoir contribué à hisser le président Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Le temps m’a donné raison.

Quel rôle national jouez-vous dans ce parti ?

Je suis secrétaire national adjoint en charge du suivi et évaluation. Au plan local, je suis l’adjoint du Départemental Mamah Diabagaté. Ensemble, nous essayons d’enraciner le RDR dans le département de Bondoukou. Nos actions sur le terrain ont permis au parti de rafler tous les postes électifs.

Monsieur le directeur, on dit que le Zanzan regorge de nombreux hauts cadres. Mais le problème, ils ne s’entendent pas. Partagez-vous cet avis ?

Dans toute organisation humaine, des incompréhensions existent. Même dans nos familles. C’est notre capacité à transcender ces problèmes qui nous donne du mérite. Il n’existe nulle part dans une formation politique où il n’y a pas des divergences. Ce sont les conflits de positionnement qui donnent un charme à la politique. Cependant, ces divergences ne doivent pas nous empêcher d’être ensemble. Pour le reste, c’est normal que chaque cadre aspire à un poste important. Mais entre l’intérêt personnel légitime et l’acte de développement commun, il y a un choix à faire. Et à Bondoukou, les cadres arrivent à s’entendre sur le minimum indispensable au progrès régional.

Quels sont vos rapports avec vos collègues cadres du Zanzan ?

Mes rapports avec les autres sont bons. Au-delà de nos particularismes politiques, il y a un dénominateur commun : le développement. J’ai de très bonnes relations avec les jeunes des autres partis. Mais cela n’empêche pas qu’il puisse exister une compétition et des incompréhensions entre nous.

Que ce soit au gouvernement ou dans la haute administration publique et privée, les nominations de fils du Zanzan se succèdent. Mais cette vaste région administrative est toujours en retard au plan des infrastructures de base. Comment expliquez-vous ce fait ?

Je ne suis pas d’accord avec vous. Vos propos valent pour une certaine époque. Les choses ont commencé à changer. Dans la ville de Bondoukou, des travaux sont en cours d’exécution. Sur la construction de l’université, plus aucun problème ne se pose. Le CAFOP est en construction. Un lycée professionnel et un autre pour filles sortiront de terre. Avant, on passait 7 heures pour rallier Abidjan et Bondoukou à cause du mauvais état de la route. Aujourd’hui, c’est environ 5 heures. Plusieurs villages sont en voie de connexion au réseau électrique. Vu ce qui est en train d’être fait, on ne doit pas dire que rien ne se passe sur le terrain. C’est vrai que nous aimerions avoir plus. En attendant, reconnaissons le mérite du président Ouattara ! Souvenez-vous : de 2000 à 2010, aucune action de développement n’avait été posée dans notre région.

Monsieur le directeur, ces dernières semaines, le Zanzan est secoué par des violences inédites. D’abord à Assuéfry, puis à Bouna. Quelle lecture faites-vous de ces tristes évènements ?

À Assuéfry, c’était un incident malheureux. Quoi qu’il se soit passé, il aurait fallu respecter l’autorité de l’État. Si on ne respecte pas les hommes qui incarnent l’État, ce sera la chienlit.

Pouvez-vous être plus précis ?

Le gouvernement ne peut pas envoyer des émissaires dans une localité suite à un incident et que ces derniers soient pris à partie. J’ai déploré l’accueil mouvementé réservé aux ministres Adjoumani et Donwahi. Ils étaient à Assuéfry pour s’enquérir de ce qui s’est passé entre populations et militaires afin de rendre compte au gouvernement. S’agissant de Bouna, je suis triste. Ce qui est survenu n’honore pas le Zanzan. En tant que cadres de cette région, notre orgueil devrait être fouetté pour qu’on sente la nécessité de se mettre ensemble et aider l’État à régler définitivement le problème.  Je le dis parce que c’est nous cadres qui orientons la vie des populations. Si les cadres d’une ville ou d’un village sont unis, pas de raison que des communautés qui vivent en symbiose depuis des siècles se tuent. Je connais bien Bouna. J’y ai vécu. Tout ce qui touche à cette ville m’atteint directement. J’espère que les différentes missions gouvernementales permettront de fermer cette page funeste de notre District.

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Propos recueillis par OSSÈNE OUATTARA

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